Pas de retrait des titres, mais un choix de visibilité
Libby ne prévoit pas d’exclure ces publications de ses catalogues. Le principe annoncé est celui d’un réglage activé par l’usager, depuis l’application, afin de déterminer les contenus affichés. Marc DeBevoise, récemment nommé directeur général d’OverDrive, résume la ligne : « Nous devons dire aux lecteurs ce qui est disponible et les conditions de création de ces titres. »
Rien, dans l’annonce, n’indique que ces paramètres modifieraient les politiques d’acquisition des bibliothèques. Le dispositif porte sur la visibilité des contenus dans l’interface de prêt et de découverte. Il ajoute ainsi une information au moment où le lecteur choisit un ouvrage, un audio ou une traduction.
OverDrive cherche une position d’équilibre : laisser lecteurs et bibliothécaires écarter certains contenus, tout en continuant à promouvoir les usages de l’IA qu’elle juge pertinents, notamment dans la recommandation ou la circulation internationale des catalogues. Libby utilise déjà Inspire Me, une fonctionnalité dont les suggestions reposent sur des modèles de langage génératifs, comme le rappelle sa politique publique sur l’IA.
La fiabilité des métadonnées, condition décisive
Le dispositif annoncé ne reposera pas sur un détecteur automatisé. OverDrive compte sur l’auto-déclaration des éditeurs, à partir de métadonnées normalisées, pour signaler les catégories concernées. C’est le point de fragilité — et l’intérêt professionnel — du projet : la portée du filtre dépendra directement de la précision des informations renseignées dans la chaîne éditoriale.
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Une déclaration lacunaire ou absente empêchera mécaniquement la préférence choisie par le lecteur de s’appliquer. La question dépasse donc la seule technologie : elle concerne la manière dont éditeurs, diffuseurs et agrégateurs qualifient un texte créé par IA, une traduction automatique, une image générée ou une voix de synthèse.
OverDrive ne permet pas aux auteurs de déposer directement leurs ouvrages sur sa plateforme. L’entreprise travaille toutefois avec Draft2Digital, intermédiaire de l’autoédition qui accepte des livres issus de l’IA lorsqu’ils ont fait l’objet d’une « révision approfondie par un humain » — traduction de l’anglais. Des titres relevant de ce circuit peuvent donc rejoindre les offres proposées aux bibliothèques, sans qu’aucun chiffre ne permette aujourd’hui d’en mesurer la présence dans Libby.
L’audiolivre au premier plan
L’enjeu est particulièrement sensible pour l’audio. Selon Marc DeBevoise, les audiolivres représentent environ 15 % du catalogue de Libby, mais près de la moitié des usages de l’application.
Il y voit un terrain possible pour la traduction et l’adaptation de catalogues d’un marché à l’autre, tout en marquant sa préférence pour l’interprétation humaine : « Rien ne remplace vraiment le facteur humain », déclare-t-il à propos de la narration.
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Par Cécile MazinContact : cm@actualitte.com
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