Beaucoup d’entreprises se plaignent d’être « ghostées » par des candidats, à toutes les phases du recrutement. Ces derniers disparaissent subitement et ne donnent plus jamais de nouvelles. Une étude montre que ces comportements surviennent essentiellement en réaction à des pratiques jugées irrespectueuses ou déloyales de la part des recruteurs.
Publié le 11/07/2026 08:36
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Pour expliquer le phénomène du ghosting, (de l’anglais ghost qui signifie « fantôme ») certains employeurs désignent souvent deux coupables. C’est ce qu’explique Delphine Minchella, enseignante-chercheuse à l’école de commerce EM Normandie.
« D’abord les nouvelles technologies, qui permettent à un candidat d’envoyer de nombreuses candidatures. Ensuite la jeune génération, qui ne s’embarrasserait pas des règles élémentaires de la politesse. »
Comme le sujet reste largement inexploré, Delphine Minchella a décidé d’aller interroger directement des ghosters, afin de cerner les causes profondes, non sans difficultés (avoue-t-elle). Beaucoup de personnes contactées ont décliné l’entretien, de peur d’être jugées. Son étude qualitative, menée finalement auprès de 13 hommes et 8 femmes de tous âges, a le mérite de casser quelques clichés.
L’étude a dégagé trois profils. Le premier, minoritaire, est le ghoster accidentel. Il a peur de ne pas trouver un emploi ou de manquer une opportunité professionnelle. Il multiplie les candidatures, en postulant compulsivement sur différents canaux. La cause du ghosting est alors le manque d’organisation ou la peur d’avouer au recruteur qu’on a candidaté à la légère.
Les ghosters occasionnels sont plus nombreux. Ils ont eu une mauvaise expérience pendant la phase de recrutement. Par exemple, 8 rendez-vous pour un poste sans grande responsabilité. Des tests psychotechniques chronophages pour un emploi au smic. Un salaire dévoilé en fin de processus et qui s’avère maigre. Ils témoignent souvent d’un manque de respect, comme cette femme qui a passé un entretien alors que le recruteur était dans sa voiture.
Les ghosters réguliers, quant à eux, ont une image très négative du monde de l’emploi, selon Delphine Minchella. Ils ont souvent postulé sans jamais avoir de retour de l’employeur et ont fini par adopter les mêmes codes, par lassitude.
Le ghosting des recruteurs par les candidats n’est donc pas un simple manque de courtoisie, affirme la chercheuse. C’est souvent la manifestation d’une relation dégradée entre des individus qui cherchent un emploi, et les entreprises. C’est un acte de rébellion face à la toute-puissance de la digitalisation. Cela invite les entreprises à repenser en profondeur leur processus de recrutement.
Source:
www.franceinfo.fr


