Le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole de la Sécurité civile, explique dans « La Matinale » du 10 juillet en quoi consiste le plan Orsec « chaleurs extrêmes » déployé par le gouvernement pour répondre à la canicule. Un plan « à l’étude depuis quelques mois », précise-t-il, et dont les travaux ont été accélérés « à la demande du Premier ministre » pour faire face à la situation.
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Encore plusieurs départements en vigilance rouge canicule aujourd’hui. Et ça continue à augmenter : demain, 24 départements seront concernés. Météo France estime que l’épisode pourrait durer jusqu’au 14-Juillet. Un plan Orsec inédit, « chaleurs extrêmes », vient d’être décidé par le gouvernement. En quoi cela consiste ?
C’est déjà tenir compte des événements et des précédentes canicules. Depuis 2019, depuis 2021, bien sûr, la Sécurité civile, en interministériel avec le ministère de la Santé, travaille à un certain nombre de plans. Là, bien entendu, avec les chaleurs extrêmes que nous connaissons, il y avait à l’étude déjà ce plan Orsec depuis quelques mois. Et à la demande du Premier ministre, les services ont accéléré les travaux de manière à pouvoir apporter une réponse la plus adaptée possible. Un plan Orsec, ça signifie tout d’abord « Organisation de la réponse de la Sécurité civile ». Donc, on est bien sur une réponse qui doit permettre d’atteindre certains objectifs. C’est un plan qui est décliné en fiches thématiques, deux fiches thématiques importantes ; tout d’abord une fiche sur la protection sanitaire des personnes isolées, puis une fiche aussi sur les grands événements. On a parlé il y a quelques semaines de la Fête de la musique, rappelez-vous, fallait-il annuler, reporter, etc. Donc, il y a deux fiches dont je peux vous parler : la protection des personnes les plus vulnérables et les grands événements.
En quoi est-ce qu’il est inédit ce plan Orsec « chaleurs extrêmes » ? Est-ce que ça veut dire qu’on est aujourd’hui dans une crise véritable de sécurité civile ?
Bien sûr, on est dans une crise de sécurité civile, une crise de sécurité civile qui a plusieurs volets, finalement. Le volet sanitaire avec les canicules, avec cet objectif de protection des populations et notamment des populations isolées. Les noyades, aussi, nous en avons largement parlé au départ de cet épisode de canicule. Et aujourd’hui, les feux de forêt. Donc, on voit que cette crise, elle a effectivement différents volets. C’est bien pour cela que les cellules interministérielles de crise travaillent en continu en termes d’anticipation. Ça, c’est un travail que vous ne voyez pas, mais il est effectif au ministère de l’Intérieur. Et puis régulièrement, les directeurs de cabinet ou les ministres prennent des décisions de façon à apporter les solutions les plus adaptées à la situation.
La cellule de crise interministérielle à Beauvau, ce matin encore, vous y serez ?
Je serai en coulisse, pas bien sûr dans la salle avec les ministres, en coulisse pour suivre tout ce qui se dira, tout ce qui se décidera de manière à pouvoir très vite ensuite agir sur le terrain.
En quoi est-ce qu’elles sont importantes ces cellules, à quoi elles servent exactement ?
C’est une cellule interministérielle. Donc, l’intérêt, c’est la coordination, la transversalité. Puisqu’on voit que sur une crise comme celle-ci, il n’y a pas que le ministère de l’Intérieur et que la Sécurité civile qui est impactée. Il y a bien entendu le ministère de la Santé, sur la partie feux de forêt, le ministère de la Transition écologique, le ministère de l’Agriculture, le ministère des Transports, de l’Éducation nationale… Tous les ministères sont concernés et tous les ministres, du coup, sont autour de la table. Il y a un relevé de décision qui est fait à l’issue et puis des plans. Le plan chaleurs extrêmes a été demandé par le Premier ministre il y a quelques jours. Il était bien sûr en cours déjà de travail et puis il est sorti et activé aujourd’hui.
Quand le risque est très élevé sur une grande partie du territoire comme en ce moment, comment vous décidez où placer les Canadair, les hélicoptères, les colonnes de renfort ? Comment est-ce que vous fonctionnez dans l’anticipation des services et la chaîne de commandement des moyens ?
C’est un travail invisible aussi, que vous ne voyez pas, mais nous avons à Nîmes, au niveau de la base des avions de la Sécurité civile, nous avons une cellule nationale de coordination avancée qui travaille H24. Et deux fois par jour, il y a un point très important qui est fait entre les sapeurs-pompiers, les ingénieurs de Météo France, de manière à catégoriser les secteurs les plus critiques, je dirais. Et c’est sur la base de la cartographie qui est faite avec la catégorisation des secteurs en risques élevés, très élevés, etc., que nous prépositionnons nos moyens terrestres, aériens aussi. Et puis, chose qui est peu connue du grand public, c’est ce qu’on appelle le guet armé. C’est-à-dire que nous avons les fameux Dash qui sont connus pour larguer ce retardant de couleur rouge, sillonnent aussi le ciel sur les zones critiques, de manière à pouvoir repérer, à plusieurs kilomètres à la ronde, les départs de feu. La doctrine française en matière de lutte contre les feux de forêt, c’est l’attaque massive des feux naissants, c’est-à-dire que dès qu’un feu est repéré, il faut l’attaquer massivement par des moyens terrestres et aériens.
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Source:
www.franceinfo.fr


