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Le football – en particulier au moment de compétitions comme la Coupe du monde –, est un moment de communion. Mais pour beaucoup de femmes, chaque match est un risque. Que l’équipe favorite remporte la victoire ou soit défaite par son adversaire, les coups vont s’abattre sur elles et leurs enfants. Selon des études menées en Angleterre pour les Coupes du monde 2002, 2006 et 2010, les violences conjugales ont augmenté de 26 % en cas de victoire ou de match nul de l’équipe nationale et jusqu’à 38 % en cas de défaite. Un phénomène qui concerne tous les sports et tous les pays.
La place des femmes journalistes de sport reste anecdotique. Pour la Coupe du monde de football masculin 2026, les femmes accréditées ne sont que dix, pour un total de 150 journalistes de sport venus de France. En presse écrite, elles ne sont même que deux sur 80. Des chiffres consternants et qui ont fait l’objet d’une tribune à l’initiative de la journaliste Marie Portolano. Dans cette spécialité, elles restent minoritaires, mais la couverture des matchs de football est particulièrement caricaturale car au moment des Jeux olympiques de Paris, 25 % des journalistes qui couvraient l’événement étaient des femmes. Pour Assia Hamdi, ces chiffres en recul sont à la fois une (mauvaise) surprise et tristement prévisibles, les rédactions étant encore imprégnées d’un sexisme latent dont elles n’ont pas toujours conscience. Pour la journaliste de sport et autrice de « Joue-la comme Megan, le marathon des sportives pour l’égalité », le problème ne vient pas tellement des confrères sur le terrain ou en tribune médias mais davantage des décideurs, parfois même sans qu’ils en aient conscience.
Les femmes journalistes de sport sont aussi beaucoup plus durement traitées en cas de polémique. Vanessa Le Moigne, journaliste sport chez BeIN Sport, a été l’objet d’un violent harcèlement en ligne après son interview du gardien de but sénégalais Edouard Mendy après la finale Maroc–Sénégal de la CAN 2025. Face au déluge d’insultes, d’appels au viol et au meurtre, sur elle ou ses enfants, elle a décidé de ne plus couvrir le football. Journaliste à l’Equipe TV, France Pierron a aussi été visée par des attaques extrêmement virulentes après ses commentaires sur Jérémy Doku. Le joueur belge annonçait qu’il ne participerait pas à tous les matchs de la compétition pour être aux côtés de sa femme pour la naissance de leur fils, et elle avait critiqué cette décision dans des propos assez crus. Ses remarques lui ont valu une suspension de l’antenne et une « shit storm » en règle sur les réseaux sociaux. Assia Hamdi s’interroge sur la violence de ces réactions : un homme tenant les mêmes propos, suscitant les mêmes polémiques, aurait-il fait l’objet de réactions aussi dures ?
En attendant que les mentalités progressent dans les rédactions, sur les terrains et derrière les écrans, l’association Femmes journalistes de sport poursuit son travail pour rendre davantage visible le travail des femmes qui exercent dans cette spécialité, notamment à travers un annuaire des expertes du sport, ainsi que des actions de sensibilisation dans les écoles, collèges et lycées. Pour qu’à force de les voir, on s’habitue à vouloir les voir davantage. D’autres associations de femmes qui aiment le sport s’organisent aussi, pour qu’assister aux rencontres soit plus sûr et plus convivial, comme Femmes de foot. Pour lutter contre les violences dans le sport, Her Game Too lance des opérations de sensibilisation.
Source:
www.france24.com


