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Marine Le Pen victime d’un attentat « à l’âge des poupées » : cette terrible nuit qu’elle n’a jamais oubliée

On parle beaucoup de Marine Le Pen cette semaine. Quelques heures après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la députée du Pas-de-Calais s’est rendue au JT de TF1. Elle a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, soutenue en coulisses par Jordan Bardella.

Mais bien avant son engagement politique, celle qui dirige aujourd’hui le groupe RN à l’Assemblée nationale a vécu un drame. Il a profondément marqué son enfance.

À seulement 8 ans, elle a survécu avec toute sa famille à un spectaculaire attentat à la bombe. Il avait soufflé leur immeuble parisien.

Une explosion en pleine nuit qui bouleverse toute une enfance

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1976, à 3 h 45, une puissante explosion secoue la villa Poirier. Nous sommes dans le XVe arrondissement de Paris. Une bombe placée devant le domicile de Jean-Marie Le Pen pulvérise une partie de l’immeuble de cinq étages. Et elle endommage aussi plusieurs bâtiments voisins.

À l’intérieur se trouvent le fondateur du Front national, son épouse Pierrette ainsi que leurs trois filles. Marie-Caroline, Yann, sont là. La benjamine, Marine, âgée de seulement huit ans, aussi. Contre toute attente, la famille s’en sort presque indemne. On ne relève que quelques coupures provoquées par les éclats de verre. En revanche, l’explosion blesse légèrement six voisins, dont plusieurs enfants.

Les dégâts sont considérables. L’explosion ravage douze appartements et oblige les autorités à reloger les habitants. La presse évoque rapidement un véritable « miracle de la Toussaint ». Et pour cause, la puissance de l’explosion laissait craindre un bilan bien plus dramatique.

Un comité antifasciste revendique l’attentat, mais les enquêteurs ne parviendront jamais à identifier formellement les responsables. Une autre hypothèse émergera des années plus tard. Celle d’une vengeance liée au récent héritage d’Hubert Lambert, dont Jean-Marie Le Pen venait de devenir le principal bénéficiaire. Les enquêteurs ne confirmeront définitivement aucune piste.

« À l’âge des poupées », Marine Le Pen découvre la violence de la politique

Si la petite Marine ressort physiquement indemne, ce drame laisse une empreinte durable. Dans son autobiographie À contre flots, publiée en 2006, elle raconte combien cette nuit a changé son regard sur le monde.

« Il a fallu cette nuit d’horreur pour que je découvre que mon père faisait de la politique. Et c’est là, à l’âge des poupées, que je prends conscience de cette chose terrible et incompréhensible pour moi : mon père n’est pas traité à l’égal des autres, nous ne sommes pas traités à l’égal des autres. Cela va devenir un élément majeur de ma propre construction. »

Cette phrase est devenue l’un des témoignages les plus connus de la femme politique lorsqu’elle évoque son enfance. Pour elle, cet attentat constitue un véritable point de bascule. Jusque-là, la politique restait une réalité abstraite. En une nuit, elle découvre qu’elle peut avoir des conséquences très concrètes sur la vie d’une famille.

Dans plusieurs documentaires et entretiens, Marine Le Pen est revenue sur ce souvenir extrêmement précis. Elle explique avoir perdu d’un seul coup tous ses repères : son appartement, ses jouets, ses vêtements et même ses habitudes, puisque la famille doit quitter les lieux après l’attentat.

« On n’était pas morts, pas blessés donc tout va bien. On va à l’école lundi. Du jour au lendemain, vous perdez tout, vos jouets, vos habits, vos amis parce qu’on a déménagé », confiait-elle notamment dans l’émission Une ambition intime.

Sa sœur Marie-Caroline Le Pen garde également un souvenir très vif de cette nuit. « L’escalier sur cinq étages a disparu… On n’a plus rien », racontait-elle, rappelant à quel point la violence de l’explosion avait marqué toute la famille.

Un épisode qui continue d’accompagner son parcours politique

Près de cinquante ans après les faits, cet attentat demeure l’un des épisodes les plus souvent évoqués lorsque Marine Le Pen revient sur son histoire personnelle. Il occupe une place particulière dans son récit de vie et dans la manière dont elle explique son engagement politique.

Après cette nuit, la famille s’installe dans la propriété de Montretout, à Saint-Cloud, héritée quelques semaines auparavant. Quelques années plus tard, Marine Le Pen entreprend des études de droit, devient avocate avant de rejoindre le Front national, où elle gravit progressivement tous les échelons jusqu’à succéder à son père en 2011.

Au fil des campagnes présidentielles de 2017 et 2022, cet épisode est régulièrement revenu dans les portraits qui les médias lui consacrent. Les images des décombres de la villa Poirier et les archives télévisées montrant Jean-Marie Le Pen devant son immeuble détruit illustrent souvent cette période fondatrice de son existence.

Aujourd’hui encore, alors qu’elle reste l’une des principales figures de la vie politique française et qu’elle confirme vouloir briguer l’Élysée en 2027 malgré ses déboires judiciaires, cette nuit de 1976 continue d’alimenter son récit personnel. Une histoire qui dépasse le seul cadre politique. Elle rappelle qu’avant d’être une personnalité publique, Marine Le Pen a elle aussi été une enfant qui a affronté un événement d’une violence exceptionnelle. Et elle affirme n’en avoir jamais oublié le traumatisme.

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Source:

www.public.fr

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