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DOD&Cie organise la bascule des éditeurs de Makassar et Hobo

À Langres, la crise de Makassar se traduit en palettes, en références et en fichiers à réintégrer. Pour DOD&Cie, l’enjeu n’est pas seulement de signer de nouveaux contrats : il s’agit de faire arriver les stocks, de les contrôler, puis de les rendre de nouveau disponibles à la commande sans casser le lien avec les libraires.

« Depuis deux ou trois semaines, le mouvement s’accélère côté éditeurs de Makassar », indique David Rupied, associé et directeur général de DOD&Cie. Le phénomène n’aurait toutefois pas commencé avec les difficultés actuelles du diffuseur-distributeur parisien : « Il y avait déjà eu des cas avant », souligne-t-il, évoquant les maisons qui avaient engagé leur changement de partenaire au cours des deux années et demie écoulées.

Fin juin, Makassar a confirmé chercher des solutions extérieures, sans procédure collective engagée à cette date. Mais pour l’édition indépendante, c’est là une « vraie crise » qui se profile.

Un partenariat Hobo – DOD&Cie qui se lance

Le cas de Hobo Diffusion donne la mesure de cette recomposition. La structure, qui se présente comme le diffuseur d’une centaine de maisons d’édition, indique toujours sur son site que Makassar assure sa distribution en France et en Belgique. 

« Hobo nous a contactés, comme plusieurs distributeurs. Nous avons eu de nombreux échanges depuis un mois », rapporte David Rupied. Le choix arrêté, selon lui, consiste à confier à DOD&Cie la distribution d’une partie des éditeurs représentés par Hobo, tandis qu’une autre partie rejoindrait un autre opérateur.

« Aujourd’hui, vingt-quatre éditeurs ont signé avec Hobo et DOD, et d’autres pourraient signer ces prochains jours », affirme-t-il.

Les contrats peuvent en effet prendre plusieurs formes chez DOD&Cie. « Nous avons différentes typologies : diffusion-distribution, ou éditeurs autodiffusés qui ne nous confient que la distribution », détaille David Rupied. Lorsqu’une maison assure elle-même sa diffusion, elle garde la main sur ses conditions commerciales ; DOD&Cie intervient alors pour la logistique, les commandes et les flux vers les libraires.

À LIRE – Face à une cyberattaque, les distributeurs font front

D’autres éditeurs peuvent conserver leur diffusion chez un opérateur distinct tout en faisant assurer leur distribution par DOD&Cie. « Cela implique des systèmes informatiques robustes », relève le dirigeant, pour que les remises, les données bibliographiques, les commandes et les factures circulent entre les différents intervenants.

Le modèle n’est pas inédit. DOD&Cie assure notamment la distribution de maisons belges diffusées par Ciaco Diffusion, dans le cadre de la mutualisation développée avec l’Association des éditeurs belges. 

“La BD est un axe fort”

« Nous sommes heureux de répondre aux éditeurs BD : la BD est un axe fort, et nous avons beaucoup investi dedans », explique David Rupied. DOD&Cie disposait déjà de capacités logistiques dans ce domaine, précise-t-il, mais l’entreprise a également consolidé sa diffusion depuis trois ans afin d’accompagner de nouveaux catalogues.

L’objectif ne se limite pas aux seules librairies spécialisées. « Pour les éditeurs BD, quand ça vaut le coup, on les propose en librairie généraliste, pas seulement dans les spécialisées BD », ajoute-t-il. Cette circulation entre réseaux de vente constitue, selon lui, l’un des leviers de développement pour des structures aux profils très différents, des éditeurs aux moyens réduits aux maisons disposant d’un catalogue plus installé.

DOD&Cie avait déjà accueilli les Éditions du Tiroir, qui ont transféré leur diffusion-distribution depuis Makassar au printemps 2026. Les nouveaux échanges s’inscrivent donc dans une activité existante, mais prennent une dimension particulière dans le contexte actuel.

Des navettes entre Pelleport et Langres

Le point concret de la bascule se situe entre le site de Makassar, rue Pelleport, dans le XXe arrondissement de Paris, et l’entrepôt de DOD&Cie, à Langres. « La récupération de stock est coordonnée et organisée avec Makassar. Le premier camion enlèvera du stock ce mercredi », assure David Rupied.

Des navettes ont été organisées pour reprendre les palettes. « Il faut ensuite effectuer un tri complet des titres avant leur intégration », précise-t-il. L’opération ne consiste donc pas à déplacer un entrepôt d’un point à un autre : chaque référence doit être identifiée, vérifiée, puis reprise dans les outils de commande et de facturation.

« Makassar est très constructif pour cela », insiste le dirigeant. Cette coopération est décisive pour éviter qu’un changement de distributeur ne transforme les ouvrages concernés en titres momentanément invisibles dans les circuits de librairie.

Construire ensemble le déstockage

Pour David Rupied, le transfert en cours ne peut se résumer à l’arrivée d’un nouvel opérateur au terme de la chaîne. « Pour le déstockage, le travail se fait entre les éditeurs, Hobo, Makassar et DOD. Nous affrétons les camions et construisons un système en coopération avec les différents acteurs », explique-t-il.

Cette organisation collective conditionne la continuité des approvisionnements. « Notre enjeu est d’appliquer la méthode la plus adaptée au contexte », poursuit-il. Derrière les annonces de changements de diffuseur ou de distributeur, c’est donc une mécanique plus discrète qui se met en place : remettre les titres en circulation, sans laisser les éditeurs ni les libraires face à une rupture de flux.

Nous avons cherché à joindre Makassar et Hobo, pour qu’ils apportent des précisions, mais sans y parvenir.

Crédits photo : 

 

 

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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