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TEMOIGNAGES. "J'essaie d'en récupérer le maximum possible" : avec la canicule, le juteux business des revendeurs de climatiseurs en ligne

Les prix varient entre 300 et 1 000 euros sur Leboncoin, alors que les magasins sont dévalisés et que les délais de livraison s’allongent. Plusieurs vendeurs contactés par franceinfo expliquent comment ils achètent puis revendent des climatiseurs, profitant des vagues de chaleur successives.


Publié le 06/07/2026 15:10



Mis à jour le 07/07/2026 06:38

Temps de lecture : 2min

Un climatiseur mobile (illustration). (FRANCK KOBI / MAXPPP)

La canicule fait son retour sur la partie sud de la France. 16 départements sont en vigilance orange canicule, lundi 6 juillet. C’est donc la troisième vague de fortes chaleurs en 2026, et la demande en climatiseurs mobiles et autres ventilateurs est toujours forte. Les magasins sont dévalisés, il faut parfois attendre une semaine pour être livré, alors que des centaines d’offres paraissent toutes les heures en ligne sur Leboncoin.

Les prix varient entre 300 et 1 000 euros, et sur les photos, ces climatisations mobiles sont encore pour la grande majorité dans leur carton d’emballage, sanglées à des palettes. Parfois même, l’arrière-plan laisse supposer qu’elles sont situées dans des entrepôts. On appelle un premier vendeur, le prix de sa clim est fixé à 500 euros. Deux amis sont au bout du fil, deux amis qui ont flairé la bonne affaire, puisqu’ils en ont une quarantaine en stock. « C’est simple, moi je ne regarde que la météo, raconte l’un d’eux. Je les ai achetées il y a deux, trois semaines. Là, pareil, j’essaie d’en récupérer le maximum possible. »

« Mais la plupart du temps, ceux qui m’en achètent, c’est pour les revendre encore plus cher derrière. »

Un vendeur contacté via Leboncoin

à franceinfo

Les climatisations viennent d’un Leroy Merlin à Madrid, directement envoyées à Bobigny, où ils se trouvent. Et pendant notre appel, « on a une cargaison qui arrive. Des [modèles] 9 000, silencieuses, elles ne consomment pas, ce sont des ‘A’. Et ça fait l’effet chaud et froid en même temps ». Ils expliquent que l’un d’eux reçoit les clients à Bobigny, et l’autre sillonne la région parisienne pour livrer les acheteurs.

Un deuxième vendeur, Eddy, assure qu’il n’en fait pas un business. « Je l’ai achetée en Espagne il y a trois jours, lance-t-il. J’en ai pris sept. Une pour mes parents, une pour moi et j’en ai pris en plus pour couvrir les transports. C’est histoire de rembourser le transport, la location du camion, le kilométrage, etc. »

Pendant la conversation, un troisième vendeur nous rappelle : il rachète ses clims à d’autres personnes qui vont les chercher en Espagne. « Je vais être honnête avec vous, je l’ai achetée 470 euros », confie-t-il Et il les vend 550 euros, soit une marge d’une petite centaine d’euros, c’est à peu près ce que réalisent tous les vendeurs qui nous ont répondu.

Un avocat spécialisé nous explique que la pratique est légale à condition de ne pas en faire une activité. Dans le cas des deux premiers vendeurs que nous avons contactés, ils doivent s’inscrire au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Ne serait-ce que pour payer des impôts, mais surtout pour engager leur responsabilité si le climatiseur était défectueux, ou pire, s’il venait à prendre feu.


Source:

www.franceinfo.fr

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