Terre d’accueil de plus de 60 000 expatriés et pays incontournable des vacances entre amis ou en famille, le Portugal est l’une des destinations phares des Français, malgré la fin de l’exonération fiscale des retraités et la hausse du prix de l’immobilier.
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Pour une fois, au moment de choisir leur destination de week-end annuel, dix amis originaires de Moselle n’ont pas tergiversé : le Portugal a fait l’unanimité. À Porto, dans le nord du pays, un tramway les frôle sur le pont au moment de découvrir le panorama iconique de la ville. « C’est vrai que tout se met en étage, c’est très beau », décrit l’une des membres du groupe.
Un émerveillement qui n’en finit pas, à en croire son amie, elle qui compte déjà cinq voyages au Portugal. « C’est toujours joli, plein de choses à faire, plein de choses à voir. La gastronomie, elle est bien et les Portugais sont très gentils. Et en plus, le coût de la vie n’est pas très cher. Donc c’est sympa pour tout », résume la voyageuse.
Chaque année, plus de 3 millions de Français visitent le Portugal. Ils sont même de plus en plus nombreux à s’y installer. En 2025, un couple de Lyonnais a décidé d’emménager sur la côte à 20 minutes de Lisbonne avec leurs deux filles. « Quand je peux travailler dans un cadre ainsi, c’est idéal, c’est idyllique », explique le mari.
Sa femme est assistante dentaire. Lui, consultant en marketing digital, est désormais en télétravail à plein temps et bénéficie d’un abattement fiscal au Portugal, un taux d’imposition fixe à 12%. Après un an et demi dans le pays, la famille veut aujourd’hui acheter. Elle a fait appel à un agent immobilier français, comme la plupart de sa clientèle. Ils visitent une maison de 250 mètres carrés avec jardin et piscine, et c’est sans effort qu’ils s’y voient déjà avec leurs deux filles.
Nouvelle perspective pour une maison jusque-là occupée par un couple de retraités, qui s’apprête à rentrer en France. « On sent vraiment la passation de personnes qui venaient pour une douce retraite à des couples actifs », estime Jules Laugé, l’agent immobilier. La maison est en vente pour 1,4 million d’euros. Les prix ont presque doublé en huit ans. « Quand je suis arrivé, on était environ à 2 500, 3 000 du mètre carré. Aujourd’hui, on va être à 5 000, 5 500 du mètre carré », observe-t-il.
Le nombre de Français vivant au Portugal a doublé au cours des dix dernières années. Le choix d’un retour aux racines, pour certains d’entre eux. À 26 ans, Benjamin Do Couto vient d’ouvrir sa boulangerie près de Porto. Ses baguettes, ses croissants ont le goût du beurre français. Au CAP Pâtisserie, près de Pau, il a tout appris, sauf la recette des incontournables pasteis de Nata. « On a mangé, remangé, on a goûté, regoûté les concurrents. Et au final, après, on tombe sur une bonne recette. Le café pasteis, c’est un peu notre café croissant à nous », confie-t-il. Si le jeune boulanger a voulu s’installer au Portugal, c’est pour revenir sur les traces de ses grands-parents, qui ont émigré en France dans les années 60 pour trouver du travail. Cette fois, Benjamin Do Couto fait le chemin inverse. Il a même récemment convaincu sa cousine, Audrey, de le suivre.
« C’est la première arrivée d’il y a deux semaines, donc elle est venue m’aider. Nos grands-parents, ils ont eu du mal à le comprendre, parce qu’ils avaient la vision du Portugal il y a 50 ans quand ils l’ont quitté. Donc, nous, en leur disant : ‘On veut y retourner’, ils disent : ‘Mais pourquoi ?’ Mais ça a bien évolué. Le Portugal, il a bien changé », détaille-t-il. La démarche ravit les nombreux Français du quartier, mais aussi les Portugais, heureux qu’après des dizaines d’années d’émigration, cette fois, ce soient eux qui viennent travailler dans leur pays.
La France n’est pour autant jamais bien loin. Lors de parties de pétanque entre expatriés, le cœur est visiblement un peu resté dans l’Hexagone. « Ce sont des boules de pétanque gravées à l’effigie de la République française. Une petite touche française ici au Portugal », déclare l’un des tireurs.
Depuis 2013, de nombreux Français se sont installés pour la retraite, motivés par une promesse faite par le Portugal : ne pas payer d’impôts. Depuis 2024, l’exonération fiscale a disparu. Pour autant, aucun de ces joueurs de pétanque n’envisage aujourd’hui de quitter le pays : « On entend des gens qui repartent, oui. Mais je pense que la plupart sont ici pour rester ». Le Portugal est aujourd’hui une terre d’accueil pour plus de 60 000 Français.
Source:
www.franceinfo.fr


