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Logements étudiants : 95% ne respectent pas l'encadrement des loyers et 73% comportent au moins une irrégularité, selon l'association Que Choisir Ensemble

Dans son étude, que France Inter a pu consulter en avant-première, Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que-Choisir) rappelle que, « faute de places suffisantes en résidence Crous, neuf étudiants sur dix sont contraints de se tourner vers d’autres solutions ».


Publié le 06/07/2026 19:05

Temps de lecture : 2min

Recherche de logement étudiant (illustration) (PASCAL BONNIERE / MAXPPP)

La quasi-totalité des annonces de logements étudiants en ligne ne respectent pas l’encadrement des loyers, selon une étude de l’association Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que-Choisir), que France Inter a pu consulter en avant-première lundi 6 juillet. L’association a analysé des annonces postées sur des sites de vente comme Leboncoin dans onze agglomérations françaises, qui concentrent environ 62% des étudiants (Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse).

Parmi ces villes, six d’entre elles (Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier et Paris) sont soumises à l’encadrement des loyers, dispositif qui permet de plafonner les prix dans des villes sous tension immobilière. Dans cette étude intitulée « Logements étudiants : une offre insuffisante et une réglementation largement contournée », l’association observe que 95% des annonces concernant des studios de 15 m2 dépassent les plafonds autorisés de 234 euros par mois en moyenne, et jusqu’à 382 euros à Paris.

Que Choisir Ensemble rappelle que, « faute de places suffisantes en résidence Crous, neuf étudiants sur dix sont contraints de se tourner vers d’autres solutions » de logement, dont 40% vers le parc privé « où les loyers atteignent souvent des niveaux incompatibles avec leur budget ». Par exemple, un studio de 15 m2 coûtera en moyenne près de 600 euros par mois, avec de fortes disparités selon les territoires : 504 euros à Grenoble, 560 euros à Lyon et 655 euros à Bordeaux, et jusqu’à 984 euros à Paris. Un marché immobilier « hors de contrôle où les règles sont massivement contournées », déplorent les auteurs de l’étude.

« Les propriétaires ont la possibilité de faire ce qu’ils veulent puisque, quoi qu’il arrive, les étudiants vont se jeter sur le logement. »

Lorris Chabert, secrétaire national du syndicat l’Union Étudiante

à France Inter

Par ailleurs, d’après les résultats de l’étude de Que Choisir Ensemble, 73% des annonces présentent au moins une non-conformité. « Ce sont les villes dans les zones où le marché locatif est le plus tendu qui ont les taux de non-conformité les plus conséquents, avec 97% pour Paris et jusqu’à 100% pour Grenoble, Lyon, Lille et Bordeaux », détaille l’étude. Pour 36% des annonces, il s’agit de l’absence de mention du Diagnostic de performance énergétique (DPE).

Pour la présidente de Que Choisir Ensemble, Marie-Amandine Stévenin, il faut « obliger les plateformes à vérifier la conformité juridique, légale, des annonces qu’elles relaient ». « Il y a une forme de responsabilité de ces plateformes », selon elle. Marie-Amandine Stévenin plaide également pour le maintien de l’encadrement des loyers, un dispositif qui a fait ses preuves. « Il est urgent de le faire pleinement appliquer et de le pérenniser. »

Méthodologie : L’étude a été réalisée sur des annonces de logements étudiants proposées sur les plateformes SeLoger, Leboncoin, PAP et Gens de confiance, dans les 11 principales villes et agglomérations étudiantes de France (Paris, Grenoble, Lyon, Toulouse, Montpellier, Lille, Nantes, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Aix-Marseille). Pour chaque ville, Que Choisir Ensemble a étudié la conformité de 15 annonces, sauf pour Paris où l’échantillon a été élargi à 50 annonces, en ciblant les offres de logements dans les principaux quartiers regroupant des étudiants (5e, 6e, 11e et 13e arrondissements).


Source:

www.franceinfo.fr

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