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"Ils prennent de la farine, ils prennent de l'eau et en font une œuvre d'art" : près de Montauban, un couple mise sur la boulangerie pédagogique

Direction Saint-Nauphary, où un couple de boulangers ouvre les portes de son fournil a toutes les écoles de la région. Ils ont installé un grand atelier, où ils apprennent aux enfants à faire du pain. C’est la première boulangerie pédagogique de France.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

« Notre idée pour la France, c’est d’accueillir des écoles dans notre boulangerie pour leur faire découvrir notre métier, et pourquoi pas créer des vocations », lancent Christophe et Claire Passédat, les fondateurs de la boulangerie « Chez Lucien ».

Combien de temps cuit une baguette ? Quel est le secret d’un bon croissant ? Et si la réponse venait des enfants ? Dans leur boulangerie près de Montauban, à Saint-Nauphary (Tarn-et-Garonne), Claire et Christophe accueillent de petits apprentis. Ce jour-là, ils sont une vingtaine. Comme le petit Karl, venu découvrir les ficelles du métier. Pour les accueillir, le couple a investi dans un atelier et un moulin miniature, qui fonctionne comme un vrai.

Après la farine, premier contact avec un autre ingrédient : le levain. Ici, on pétrit, on étale et on apprend à parler comme un vrai boulanger. Pendant que certains façonnent les baguettes, les autres roulent la pâte à croissant.

Ils ne sont pas les seuls sur le pont. Tarte, meringue, macarons… Dans cette boulangerie, 40 salariés se relaient 24 heures sur 24 pour régaler les clients. Ici, la moyenne d’âge ne dépasse pas 30 ans. Les horaires difficiles ne leur font pas peur. « Là, je fais 17 heures, 1 heure du matin », confie l’un d’eux. « Ça dépend. Je peux être d’ouverture, donc faire du 6 heures à 13h30 », glisse une autre.

Christophe, le patron, n’a pas de mal à recruter des jeunes motivés. « On a des jeunes, des très jeunes, des moins jeunes, qui sont passionnés par ce métier. Ce sont des magiciens, en fait. Ils prennent de la farine, ils prennent de l’eau et ils vous en font une œuvre d’art », s’enthousiasme-t-il. Pour assurer la relève, le couple a eu envie d’ouvrir les portes de son fournil aux écoliers. « Si ça crée des vocations, tant mieux, parce que c’est un métier qui fait moins rêver qu’Instagrameur pour les jeunes d’aujourd’hui. Mais voilà, c’est un métier de bouche et on en a besoin », assure Claire.

Un joli cadeau pour leurs employés, heureux de voir leur métier valorisé. « Je sais que je voulais faire ça depuis le collège, mais on m’a toujours dit : tu as les capacités de, va en général, va en machin. Et maintenant, on essaie de sensibiliser au plus tôt. Comme ça, les gens, ils pensent à ces métiers-là dès le début », se réjouit Marie-Lou Idir, cheffe pâtissière de la boulangerie « Chez Lucien ».

Le pain est cuit, c’est le moment de le goûter. Alors, ont-ils été convaincus par le métier ? « J’ai pas trop d’idées, mais pourquoi pas faire boulanger ? », s’interroge un élève. « On pense que c’est facile, mais en vrai, il y a plein de choses à penser. Et moi, je trouve ça cool à voir et à découvrir », avance une autre. « Je crois vraiment que c’est à travers la découverte des métiers en situation réelle comme ça qu’on peut susciter des vocations », avance de son côté Christelle Alaux, la directrice de l’école Créactive à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Organisés en partenariat avec l’Éducation nationale, les ateliers de Claire et Christophe ont déjà accueilli plus de 500 petits curieux.


Source:

www.franceinfo.fr

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