Le sentiment de solitude des patrons des petites et moyennes entreprises (PME) a gagné en intensité depuis 10 ans. Surtout, il s’accompagne d’une fatigue et d’une crise de sens, selon une étude de Bpifrance.
Publié le 05/07/2026 10:00
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Oui, la moitié des dirigeants de PME se déclarent isolés. Pas au sens médical du terme, mais dans l’exercice de leur pouvoir. Il y a 10 ans, cette proportion était un peu plus faible, elle n’était que de 44% et, surtout, elle était moins intense, selon la nouvelle mesure effectuée par Bpifrance.
La part des chefs d’entreprise qui se sentent très isolés a en effet augmenté de sept points. Elle est passée de 11 à 18%. Ce qui a changé, c’est qu’il y a 10 ans, le sentiment de solitude découlait essentiellement du statut, souligne Bao Tran Nguyen, la responsable des études. Par exemple, devoir trancher seul des décisions qui engagent l’avenir de l’entreprise et en assumer personnellement les conséquences.
Aujourd’hui, ce sentiment est amplifié par une rafale de crises depuis 2020 : Covid, guerre en Ukraine, crise des matières premières, chocs énergétiques, instabilité politique, retour des droits de douane. Pour 6 dirigeants sur 10, l’incertitude économique est le facteur qui a le plus contribué à leur sentiment de solitude, derrière la complexité réglementaire et administrative, qui est un irritant traditionnel.
Bpifrance parle carrément de « crise existentielle ». Au cours des 12 derniers mois, 75% des patrons de PME affirment s’être questionnés sur le sens de leur engagement entrepreneurial. Certains envisageant de se mettre en microentreprise ou de chercher un emploi salarié.
« Des dirigeants qui avaient choisi d’entreprendre pour maîtriser leur environnement professionnel et, quelque part, leur destin, ont le sentiment de ne plus rien maîtriser du tout » affirme Bao Tran Nguyen. Les crises à répétition, le manque de visibilité perturbent la prise de décision et sapent l’enthousiasme.
Certains dirigeants se sentent impuissants et coincés, pris en otage dans leur propre entreprise et remettent tout en question. Avec le sentiment que l’effort consenti n’est pas toujours à la hauteur de la reconnaissance ou des résultats attendus.
Depuis 10 ans, la participation à un réseau d’entrepreneurs a progressé de 6 points, et le recours à des conseils externes de 5 points.
Par contre, d’autres lieux qui permettent d’échanger entre pairs enregistrent des baisses très importantes. La participation aux foires et salons a chuté de 17 points. Quant à l’adhésion à une organisation ou un syndicat patronal, elle a reculé de 9 points.
Source:
www.franceinfo.fr


