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OTAN : un sommet sous pression

Ce 4 Juillet, les Américains célèbrent le 250ème anniversaire de leur indépendance : à Washington, leur président s’apprête à prononcer devant ses partisans un grand discours politique, et les Européens se préparent avec une certaine appréhension au sommet de l’Alliance Atlantique, qui aura lieu à Ankara mardi et mercredi prochains.

Donald Trump, qui apprécie son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, devrait y participer aux côtés des quarante-quatre représentants des autres Etats membres. Quelle sera l’ambiance ? Une foire d’empoigne, le procès encore une fois de ces membres européens de l’OTAN coupables d’être restés à l’écart de la guerre contre l’Iran et qui renâclent à dépenser davantage pour leur défense même s’ils achètent largement américain ?

A Evian, il y a trois semaines, le sommet du G7 s’était déroulé, avec force flatteries, dans une certaine bonhomie, Emmanuel Macron se félicitait même d’une remobilisation occidentale en faveur de l’Ukraine. Volodymyr Zelensky sera convié à Ankara. Bénéficiera-t-il du même consensus ? Son armée est aujourd’hui la plus importante et la plus moderne d’Europe : peut-elle devenir un nouveau pilier stratégique face au retrait américain ?

Les doutes sur les garanties de sécurité américaines

Au fil des derniers mois et des sautes d’humeur de Washington, les Etats-Unis ont rapatrié 5 000 hommes de leurs contingents basés en Allemagne, différé le déploiement d’armements de longue portée, annulé puis rétabli l’envoi d’une brigade blindée en Pologne. Avec sa brutalité coutumière, Pete Hegseth, le ministre américain de la guerre, annonçait il y a quinze jours à Bruxelles, lors de la réunion ministérielle, un examen stratégique du dispositif sur les six prochains mois pour mieux évaluer les engagements pris par les Européens au sommet de La Haye l’an dernier. Il les accusait aussi de prêter trop d’importance à l’égalité hommes-femmes et à l’environnement.

La question centrale reste posée : alors que la guerre en Ukraine en est à sa cinquième année, que Baltes, Polonais et Scandinaves ne cessent d’insister sur la réalité de la menace russe, qu’en est-il à ce stade des garanties de sécurité longtemps accordées par les Etats-Unis ?

Donald Trump n’est pas le premier président à reprocher aux Européens une trop longue léthargie, mais depuis le début de son second mandat il n’a cessé de démontrer son désintérêt et son scepticisme quant à la solidarité entre alliés stipulée par l’article 5 de la Charte. De l’épreuve du Groenland en janvier dernier jusqu’aux reproches et aux insultes de ces dernières semaines, les Européens n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs budgets militaires et de réfléchir autrement à leurs systèmes de défense. Cette prise de conscience est-elle également partagée ? Un calendrier de désengagement plus précis sera-t-il annoncé à Ankara ?

Quels que soient les trous d’air de la présidence Trump, les Etats-Unis demeurent une puissance militaire, économique, technologique incomparable. Jusqu’où la situation et le calendrier politiques des principaux acteurs européens de l’Alliance – français, britannique, allemand – réduisent-ils leur marge de manœuvre ?

Nos invités :

Claudia Major a publié dans le New York Times le 7 mai 2026 l’article en anglais : “Trump Keeps Saying He Wants to Leave NATO. Maybe He Already Has”.

Maud Quessard a donné un long entretien à la revue Multitudes, intitulé “Trump face aux BRICS+. Diviser pour tenter de régner”, paru au début de l’année 2026.

Camille Grand a publié l’article “L’avenir de l’OTAN et de l’Europe. La fin de la « République impériale » ?” à l’automne 2025 pour la revue Commentaire.

Elie Tenenbaum a écrit avec Guillaume Garnier l’article “L’Europe à découvert ?”, paru à l’automne 2025 dans la revue Politique étrangère.


Source:

www.radiofrance.fr

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