Pourquoi certaines entreprises suppriment-elles le télétravail ? Pourquoi imposent-elles à leurs salariés de revenir tous les jours au bureau ? Une étude américaine montre que certains traits de caractère chez un dirigeant sont propices à ce type de décision.
Publié le 04/07/2026 08:54
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Aux États-Unis, le retour en arrière en matière de télétravail a été nettement plus important qu’en France. Après avoir laissé leurs salariés travailler intégralement à distance après le covid, de grands groupes américains ont commencé à rétropédaler à partir de l’été 2023.
Aujourd’hui, un tiers des sociétés imposent à leurs employés de revenir au bureau à plein temps, 5 jours sur 5. Elles invoquent souvent un risque de perte de productivité, de perte de créativité ou de perte de la culture d’entreprise.
Dans une étude publiée (en anglais) dans le magazine Science, trois chercheurs américains ont voulu comprendre pourquoi la résistance au télétravail varie d’un dirigeant à l’autre. Après des années de recherche, ils affirment que c’est principalement lié à une question d’ego et de pouvoir.
Au cours des 6 dernières années, les chercheurs ont fait passer des tests de personnalité à plusieurs centaines de responsables de tous niveaux hiérarchiques, du chef d’équipe au cadre dirigeant. Ils les ont ensuite questionnés sur leur perception du télétravail.
D’après leurs résultats, le seul trait de caractère qui permet systématiquement de prédire une opposition au télétravail est le narcissisme, qui se caractérise, selon eux, par un ego surdimensionné et un sentiment de supériorité. Chez les dirigeants qui présentent ce type de personnalité, le rejet du télétravail n’est pas spécialement guidé par un manque de confiance envers les salariés ou une appétence particulière pour les interactions sociales, mais par une soif de pouvoir et de contrôle.
Ces dirigeants considèrent que toute forme de télétravail – intégral ou partiel – constitue une menace envers leur autorité et envers l’admiration dont ils sont l’objet. Une étude menée parallèlement sur les patrons des 500 plus grosses entreprises américaines confirme ces résultats.
Reste à savoir si tous les dirigeants qui rejettent le télétravail sont forcément égocentriques ? Non, précisent les auteurs de l’étude, d’autres facteurs peuvent influencer le rejet du télétravail dans une entreprise.
Mais les résultats montrent bien que, dans l’ensemble, les dirigeants à tendance narcissique ont plus de mal à laisser travailler leurs salariés seuls chez eux, même si cela entraîne de la frustration ou le départ d’une partie des salariés.
Pour limiter l’influence des patrons narcissiques, les trois chercheurs recommandent (notamment) de ne pas les laisser trancher tout seuls, quand il s’agit de télétravail.
Source:
www.franceinfo.fr


