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"Les plus grandes funérailles du siècle" : l'Iran se prépare aux obsèques du guide suprême Ali Khamenei

Il aura dirigé la République islamique d’Iran pendant 37 ans jusqu’à sa mort au début de la guerre dans une frappe israélo-américaine ciblée : les funérailles d’Ali Khamenei, longtemps reportées à cause du conflit, s’ouvrent ce samedi 4 juillet. Sa dépouille sera exposée jour et nuit jusqu’à lundi à la Mosalla de Téhéran, le régime met en scène cette cérémonie comme une grande démonstration de force avec une trentaine de représentants étrangers attendus ce samedi.

Une cérémonie pour « montrer que ce guide était aimé par les Iraniens »

Les autorités disent attendre entre 15 et 20 millions de personnes pour ces trois jours, un chiffre largement surévalué selon la sociologue et professeure émérite à l’Université Paris-Cité Azadeh Kian : « Le régime a encore 10-15% de soutiens au sein de la population, l’Iran c’est 90 millions d’habitants, ils peuvent donc mobiliser du monde, mais il forcent aussi probablement des fonctionnaires à assister à la cérémonie sous peine de sanctions ». Cette démonstration de force a deux objectifs pour la chercheuse, elle cible à la fois les Américains et les opposants iraniens au régime :  » Ils veulent montrer à la fois aux Américains et de façon générale au monde extérieur, que ce régime a encore une base importante de soutien à l’intérieur de l’Iran et que ce guide était aimé par les Iraniens, ce qui, à ma connaissance, n’était pas le cas puisqu’il y a beaucoup d’Iraniens qui tiennent Ali Khamenei pour responsable dans le massacre du mois de janvier. Cette cérémonie grandiose entend aussi rendre silencieux les détracteurs qui sont des-ultras conservateurs, pour leur dire ‘voilà, on fait ces cérémonies, ces funérailles, mais en même temps, il faut absolument qu’on puisse continuer à négocier avec les Américains' ».

Le reportage de notre envoyé spécial Jean-Sébastien Soldaïni, l’un des rares journalistes français autorisé à entrer sur le territoire iranien.

Moins de port du voile : une « liberté sociale que le régime accepte pour l’instant »

Notre envoyé spécial Jean-Sébastien Soldaïni est l’un des rares journalistes à avoir pu entrer sur le territoire iranien à l’occasion des préparatifs de ces funérailles. Ses déplacements et les interviews sont strictement encadrées par le régime. Il a pu constater dans les rues de Téhéran que de nombreuses femmes iraniennes ne portaient plus le voile : est-ce le signe d’un assouplissement dans cette république islamique ou la police des mœurs avait en 2022 tué Masha Amini, cette jeune étudiante de 22 ans pour « port du voile inaproprié » ? Oui pour la sociologue Azadeh Kian :  » C’est l’un des acquis du mouvement Femmes, vie, liberté que le régime actuellement dirigé par des militaires a accepté d’intégrer dans sa politique même s’il n’y a pas eu de changement de loi. On constate aussi que les jeunes garçons comme les jeunes filles fréquentent les cafés, ce qui était encore inimaginable il y a quelques années. Ce sont des libertés sociales que le régime accepte pour l’instant puisque le souci principal des militaires ce n’est pas le voile des femmes, mais de se maintenir au pouvoir. »

La sociologue et professeure émérite à l’Université Paris-Cité Azadeh Kian a répondu à France culture pour Culture de l’Info


Source:

www.radiofrance.fr

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