AccueilOpinionLes milliards d'arbres...

Les milliards d'arbres plantés par la Chine poussent bien plus vite que les forêts naturelles

La Chine se
verdirait-elle plus vite que prévu? Une étude
publiée fin mai dans la revue Geophysical Research Letters avance que les
arbres plantés par l’homme affichent une croissance supérieure à celle des forêts
naturelles. Selon les scientifiques, les arbres issus du reboisement réagissent
plus fortement à l’augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique.

Depuis
1978, l’Empire du Milieu a planté 66 milliards d’arbres. Quelque 34 milliards
supplémentaires seront reboisés d’ici 2050 dans le cadre d’un projet gigantesque baptisé «Grande
Muraille verte». Celui-ci ambitionne de transformer les steppes désertiques de la
Mongolie-Intérieure en vastes forêts. L’objectif est double: freiner la
progression des déserts de Gobi et du Taklamakan, tout en
renforçant la capacité du pays à capter du carbone.

Les
chercheurs se sont intéressés aux différences entre les forêts naturelles et plantées,
pour comprendre comment la diversité des espèces, la densité des végétaux et
leur âge peuvent influencer les réactions face à l’augmentation du CO2 et au
changement climatique.

«Les forêts plantées sont largement utilisées dans les
stratégies d’atténuation du changement climatique, mais la plupart des modèles
d’écosystèmes mondiaux ne font pas la distinction entre les types de forêts et
ne représentent pas correctement les dynamiques liées à l’âge», explique
Yuhang Luo, chercheur en écologie du paysage à l’Université de Pékin.

Pour obtenir leurs résultats, les scientifiques se sont
appuyés sur des données satellitaires afin de suivre l’indice de surface
foliaire et de mesurer la densité du couvert forestier, rapporte Live Science. Avec, en ligne de mire, la volonté de chiffrer le développement des différents types de forêts.

+66% de croissance pour le reboisement

Le constat est sans appel: les arbres plantés affichent une
croissance de 66% plus rapide que les bois naturels. Plusieurs facteurs d’explication
sont pointés, comme le choix des espèces ensemencées (souvent des eucalyptus ou
des peupliers qui grandissent rapidement) ou la gestion active dont bénéficient
les végétaux reboisés. Des agents d’entretien des espaces verts éliminent la végétation concurrente et fertilisent
les jeunes pousses, ce qui favorise leur développement.

«Les forêts plantées peuvent constituer un puissant outil, à court terme, pour la fixation du carbone, mais cet avantage reste limité dans
le temps, tempère Yuhang Luo. Pour le stockage du carbone et la
résilience à long terme, les forêts naturelles restent irremplaçables.»

Ce constat a déjà été documenté par la science. Une
autre étude sur les forêts chinoises a révélé que, au cours de leurs
premières années, les forêts naturelles accumulent davantage de carbone
au-dessus du sol que celles plantées. Des résultats qui doivent toutefois être
considérés avec prudence.

«La gestion de l’utilisation des terres fonctionne de
manière plus subtile et plus spécifique que nous ne l’avions supposé, admet
Yuhang Luo. Il ne s’agit pas seulement de planter plus d’arbres. Il s’agit
également de savoir quand les planter, quelles espèces choisir et comment les
gérer au fil du temps.» Les auteurs espèrent surtout que leurs travaux
aideront à orienter les efforts de reboisement, pour limiter davantage les
effets du changement climatique. L’enjeu n’est plus de planter plus, mais de
planter mieux.


Source:

www.slate.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img