Lors des Rencontres économiques d’Aix, le Premier ministre Sébastien Lecornu est aussi revenu sur la menace des États-Unis de quitter l’Otan, estimant que « la question de son fonctionnement est posée ».
C’est le feuilleton économique depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche: la menace et la mise en place de droits de douane par le président américain, notamment contre l’Union européenne. Une pratique qualifiée d' »originale » par le Premier ministre Sébastien Lecornu qui n’a pas cité nommément le dirigeant américain.
« On ne peut pas faire comme si notre principal allié n’avait pas une pratique du droit de douane un tout petit peu originale », a déclaré le chef du gouvernement ce jeudi 2 juillet depuis les 26e Rencontres économiques d’Aix, provoquant des rires dans son auditoire.
« Je ne veux pas créer d’incident diplomatique »
Encore ce vendredi, le président américain a menacé de frapper de droits de douane de 100% les pays européens qui mettraient en place une taxation des services numériques, cela malgré l’accord commercial avec l’Union européenne qui prévoit un plafonnement des droits de douane. Des « menaces unilatérales visant des politiques légitimes injustifiées », d’après un porte-parole de la Commission européenne.
Cet énième coup de pression de la Maison Blanche est intervenu au lendemain du feu vert formel donné par les pays membres de l’Union européenne à un accord commercial négocié l’an dernier avec les États-Unis. Celui-ci prévoit un plafonnement à 15% des taxes prélevées sur les importations européennes. Mais le locataire de la Maison Blanche veut aussi s’en prendre aux régulations européennes sur la technologie et l’environnement. D’après Donald Trump, celles-ci entravent les exportations européennes. Lors du dernier sommet du G7 en France mi-juin, la menace d’imposer un tarif douanier de 100% sur le vin français si Paris ne supprimait pas sa taxe sur les services numériques a été abordée.
Au cours de sa prise de parole à ces Rencontres économiques d’Aix, Sébastien Lecornu est aussi revenu sur les menaces de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Otan. « Je ne veux pas créer d’incident diplomatique mais sur le devenir même du fonctionnement de l’Alliance Atlantique, la question est posée », selon le Premier ministre.
Un sommet de l’Otan se tient à Ankara les 7 et 8 juillet dans un contexte tendu. À plusieurs reprises depuis février, Donald Trump a déploré le faible soutien de l’Alliance Atlantique dans sa guerre contre l’Iran, allant jusqu’à menacer de claquer la porte de l’organisation militaire.
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