Vivre dans le bas-fonds
Le roman de Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers, paru en 1869, est un récit fondateur. Le succès de cette œuvre coïncide avec une accélération des progrès techniques dans le domaine de la plongée sous-marine et les premières tentatives industrielles d’habitats en forme de capsules.
À partir des années 1960, le rêve d’explorer et d’habiter les fonds marins prend forme. La course aux profondeurs est lancée. Les expériences, menées sur plusieurs mers du globe, donnent naissance à de véritables villages sous-marins, où l’on cherche à repousser les limites du corps humain.

Vers un nouvel esprit de conquête
Un parallèle peut être dressé entre les explorations sous-marines et la conquête spatiale : les océanautes répondent aux astronautes, les images se font écho, et les enjeux économiques et géopolitiques s’entremêlent. Industrie pétrolière, droit international, peur de la surpopulation : l’habitat sous-marin n’est pas qu’un fantasme, il devient une question d’intérêt économique et politique.

Une prise de conscience environnementale
Jacques-Yves Cousteau est un explorateur autant qu’un cinéaste du 20ᵉ siècle. Sur le grand écran, il transforme ses expériences sous-marines en spectacle planétaire et fait naître l’idée qu’une vie normale est possible au fond de l’océan.
Dans les années 1970, Cousteau devient une figure de la protection de l’environnement. Il était cependant auparavant acteur d’une logique extractiviste. Certaines de ses expéditions furent financées par des compagnies pétrolières. De nombreux témoignages, de lui et de ses équipes, évoquent une prise de conscience progressive et douloureuse de la dégradation irrémédiable des espaces sous-marins.
Pour en savoir plus
Christophe Camus est enseignant à l’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne (ENSAB).Il a publié :
Habiter des espaces extrêmes. Architecture sous la mer et au-delà, Le Bord de l’Eau, à paraître à l’automne 2026.(sous sa co-direction avec Claudia Desblaches) Chemins de la création. Arts et territoires, Le Bord de l’Eau, 2021.
Jill Gasparina est critique d’art, chercheuse et enseignante à l’École de design et haute école d’art du Valais en Suisse. Elle a publié Cousteau, Les Pérégrines, 2023.
Références sonores de l’émission à venir
Générique : « Gendèr » par Makoto San, 2020.
Source:
www.radiofrance.fr


