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Les importations annulent une grande partie des efforts de décarbonation français

Une étude de l’institut Rexecode montre que les émissions de CO2 liées aux importations, en particulier depuis la Chine, annulent près de la moitié des réductions annuelles d’émissions réalisées sur le territoire français. Les auteurs plaident pour une réindustrialisation afin de concilier transition énergétique et stratégie économique.


Publié le 02/07/2026 08:31



Mis à jour le 02/07/2026 12:48

Temps de lecture : 2min

Un semi-remorque transporte une pale d’éolienne le 27 mai 2026, dans le cadre d’un projet de renouvellement du parc à Fienvillers, au cœur de la stratégie énergétique du pays. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Les importations de la France génèrent des émissions de gaz à effet de serre qui réduisent fortement les bénéfices de sa politique de décarbonation, selon une étude publiée jeudi 2 juillet.

Il s’agit d’une enquête réalisée par deux économistes de l’institut de conjoncture Rexecode. Matteo Michel et Raphaël Trotignon ont, en effet, retracé l’origine des émissions de gaz à effet de serre importées en France en croisant une vaste série de données, par famille de produits et par pays.

Leur découverte est saisissante : la France annule pratiquement la moitié de la réduction annuelle de ses émissions sur son propre territoire en important des produits pourtant destinés à favoriser la décarbonation de son économie, comme les panneaux solaires, les batteries, les pompes à chaleur ou encore les pales d’éoliennes.

Ce phénomène s’explique tout simplement parce que les produits que nous importons sont fabriqués dans un pays, la Chine, dont l’intensité d’émissions est cinq fois supérieure à celle de la France. Le même raisonnement vaut pour d’autres pays, mais la Chine apparaît de loin comme le cas le plus problématique.

Pour bien comprendre l’enjeu : en important ces produits chinois, la France est à l’origine d’environ six millions de tonnes de CO2. Si ces mêmes produits étaient fabriqués sur le sol français, grâce à des procédés de décarbonation, ils n’auraient émis qu’environ un million de tonnes de CO2. Autrement dit, c’est un rapport de six à un.

Seulement, la France ne dispose pas aujourd’hui des capacités industrielles nécessaires pour prendre le relais, ou seulement dans des volumes beaucoup plus faibles. Cette situation illustre l’une des conséquences concrètes de la désindustrialisation du pays, mais aussi, selon les auteurs, un manque de vision stratégique politique.

Le constat est d’autant plus frappant que la France affiche l’un des meilleurs bilans climatiques parmi les économies développées. Matteo Michel et Raphaël Trotignon rappellent que les émissions produites sur le territoire ont reculé d’un tiers depuis 1990, grâce notamment à un mix énergétique largement fondé sur le nucléaire et les énergies renouvelables.

Cette étude risque de faire du bruit dans plusieurs ministères, notamment ceux de l’Économie, de l’Industrie et de la Transition énergétique. À travers ce travail particulièrement documenté, l’institut de conjoncture Rexecode entend alerter les pouvoirs publics sur les limites des pratiques actuelles et encourager une meilleure articulation entre stratégie économique de production et stratégie de décarbonation.

Sans cette articulation indispensable, la France ne pourra pas atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés en matière de transition énergétique.


Source:

www.franceinfo.fr

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