La
restitution des corps est l’un des rares domaines où la Russie et l’Ukraine
continuent de coopérer malgré la guerre. Mais ce fragile canal pourrait bien être
remis en cause. Selon
le site ukrainien Euromaidan Press, les forces de police du pays ont
découvert à plusieurs reprises des engins explosifs et des grenades dissimulés
dans les dépouilles restituées par Moscou.
Ces révélations
s’ajoutent à une longue série d’accusations visant les pratiques russes lors
des opérations de rapatriement. Les restes de plusieurs personnes se retrouvent
parfois rassemblés dans un même sac, des fragments de corps sont éparpillés et Moscou
transmet fréquemment des dépouilles qui ne sont pas celles de soldats
ukrainiens.
Relancés
dans le cadre des pourparlers d’Istanbul de juin 2025, les rapatriements à grande échelle se
sont accélérés ces derniers mois. En mai, Kiev a annoncé avoir reçu 528 corps
de soldats tués au combat. Le 18 juin, une nouvelle opération d’envergure a
permis le transfert de 522 dépouilles. Chaque restitution marque
toutefois le début d’un travail de longue haleine: l’identification médico-légale de chaque victime
dure en moyenne quatorze mois, en raison de l’état des corps.
Priorité absolue: neutraliser les explosifs
Une fois les
défunts rapatriés en Ukraine, la police procède à une inspection minutieuse. La
première étape consiste à s’assurer qu’aucun piège explosif n’a été niché dans
les membres des victimes. Parallèlement, les enquêteurs recherchent tout effet
personnel qui pourrait faciliter l’identification –documents, téléphones portables,
cartes bancaires, etc. Les marques distinctives, comme les tatouages ou les vêtements,
sont ensuite photographiées.
Les cadavres
rapatriés sont parfois mélangés aux ossements et tissus appartenant à d’autres
individus. Une expertise ADN permet alors d’identifier les défunts. Les forces de l’ordre
et les experts médico-légaux procèdent également à une segmentation des restes
humains, qui feront l’objet d’une enquête approfondie.
Selon
Euromaidan Press, ce n’est pas la première fois que Moscou fait fi de toute
éthique lors de ces opérations. Le Kremlin aurait notamment renvoyé les corps
de soldats russes vêtus d’uniformes ukrainiens lors de précédentes campagnes de
rapatriement. Objectif dissimulé: éviter le versement des indemnités dues aux
familles des victimes. Côté ukrainien, des proches ont signalé l’absence de
certains organes dans les corps qui leur ont été rendus.
Alors que
les combats s’enlisent entre les deux belligérants, la guerre se poursuit
jusque dans les morgues et les crématoriums. Avec la difficulté, pour les
familles, de ne pas pouvoir enterrer leurs proches dans des conditions
décentes.
Source:
www.slate.fr


