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"Il n’y a plus d’argent magique. Pas pour des rénovations merdiques", déclare Thomas Ménagé, député du Loiret et porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, au sujet de son souhait de supprimer MaPrimeRénov’.

Thomas Ménagé, député du Loiret et porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, était l’invité des « 4V » sur France 2 ce mardi 30 juin. Il a estimé que la gestion de la canicule avait reposé avant tout sur les soignants plutôt que sur l’État, a défendu un vaste plan de climatisation des bâtiments publics et a plaidé pour le remplacement de MaPrimeRénov’ par des prêts à taux zéro pour financer la rénovation énergétique.

Alors que la France a traversé une canicule d’une intensité qualifiée d’historique, relançant les débats sur la prise en charge des personnes vulnérables et la gestion des infrastructures publiques face aux fortes chaleurs, Thomas Ménagé, député du Loiret et porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, était l’invité des 4V sur France 2 ce mardi 30 juin. Il est notamment revenu sur la responsabilité de l’État, la place des soignants dans la gestion de l’épisode, et a défendu un plan de climatisation massif des bâtiments publics ainsi que la remise en cause de certaines aides à la rénovation énergétique au profit de prêts à taux zéro.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Gilles Bornstein : « La chaîne a tenu », a dit hier Sébastien Lecornu : les prévisions, l’hôpital, la sécurité civile. Compte tenu de l’intensité de la canicule, il estime que cela ne s’est pas trop mal passé. Est-ce qu’il a raison ?

Thomas Ménagé : Déjà, il faut remercier les soignants, tous les personnels qui ont fait tenir le pays, malgré une canicule inédite, historique, qui a touché notre pays.

Donc vous admettez que le pays a tenu ?

Globalement, on pourrait s’attendre à pire. Mais malgré tout, c’est grâce aux personnels soignants, pas grâce à l’État, pas grâce à l’anticipation de l’État. Parce qu’il y a quand même eu des écoles qui ont fermé, il y a quand même eu des hôpitaux qui n’étaient pas climatisés, et ils sont très nombreux. Il y a quand même aujourd’hui une situation de désorganisation globale de notre pays, mais compensée grâce au système D, grâce à la débrouille. Je pense qu’on ne peut pas se féliciter d’une situation de plus de 1 000 morts supplémentaires, et ce n’est qu’un bilan provisoire. Après, il y a eu quelques petites évolutions, notamment dans les EHPAD, où, grâce à cette pièce climatisée qui a été mise en place dans la plupart des établissements, la situation est moins catastrophique. Il n’empêche qu’il y a des personnes âgées qui ont suffoqué dans leurs chambres, qu’il y a eu des écoles fermées, des enfants qui ont souffert dans des crèches. Il y a donc eu un état d’impréparation globale, malgré tout, mais compensé par le système de l’intelligence collective des agents.

Laurent Jacobelli, que vous connaissez, député RN comme vous, a déclaré : « Ceux qui ont refusé de climatiser les bâtiments publics sont responsables des morts. » Le gouvernement est responsable des morts ?

Ceux qui n’ont pas mis tout en œuvre pour que l’ensemble des endroits qui accueillent des personnes vulnérables soient climatisés… Vous savez, quand on est politique, on est responsable. On est responsable aujourd’hui. À un moment, M. Édouard Philippe, dont on parle peu, a mis en place la RE 2020, la réglementation des bâtiments, qui, au vu des modes de calcul, empêche de climatiser les nouveaux bâtiments. Ils portent une part de responsabilité.

La climatisation des bâtiments publics, cela n’existait nulle part dans votre programme en 2022. Vous nous dites que si vous aviez été au pouvoir… tout aurait été climatisé ?

Ce qui est certain, c’est que, nous, cela fait un certain nombre d’années que Marine Le Pen propose un plan de climatisation. Mais nous n’aurions jamais mis en place des réglementations qui empêchent la climatisation.

Vous ne pouvez pas affirmer que tout aurait été climatisé ?

De toute façon, 100 % de climatisation, c’est impossible. Nous, nous voulons mettre tout en œuvre pour que cela soit fait demain. C’est la raison pour laquelle Marine Le Pen a développé un plan de climatisation, dans un premier temps, de 10 milliards d’euros sur le premier quinquennat, à raison de 2 milliards d’euros par an pour les lieux vulnérables.

Vous avez un chiffrage ?

Le chiffrage est très clair. Il sera, en plus, détaillé précisément, euro par euro, cet après-midi avec Jean-Philippe Tanguy. Je tiendrai une conférence de presse pour le détailler. Donc : 10 milliards d’euros, soit 2 milliards par an, d’abord pour les EHPAD, les crèches, les écoles et les hôpitaux. Puis, dans un second temps, 10 milliards d’euros pour tous les autres services publics, tous les lieux qui accueillent du public.

Pour les bâtiments publics, soyons précis : ces 10 milliards d’euros, c’est de l’argent que vous prêtez, c’est-à-dire que les collectivités doivent s’endetter et vous leur prêtez à taux zéro, ou vous subventionnez ?

Non. Cette partie-là sera vraiment un soutien direct de l’État, un paiement direct de l’État.

L’État régale ?

Oui, l’État. Vous vous rendez compte de ce que l’on perd aujourd’hui ? On va peut-être y venir avec l’agriculture : 10 milliards d’euros par an. Quand on voit ce que l’on a perdu en productivité, en travail, en recettes fiscales rien que sur cette semaine, ce que l’on a perdu en bétail, les pertes de récoltes qu’il va y avoir dans un certain nombre de secteurs agricoles… Au global, 2 milliards d’euros, c’est un investissement.

C’était un prêt à taux zéro, maintenant vous avez changé : vous payez.

Pour les collectivités, les établissements publics, les EHPAD, les hôpitaux, et bien entendu tout ce qui dépend de l’État, c’est l’État directement qui assumera. On ne se défausse pas sur les collectivités. En revanche, il y a un prêt à taux zéro qui s’appelle « 100 % Rénov' », qui avait été mis en place et développé pour les particuliers. Il leur permettra, à 0 % d’intérêt, de rénover thermiquement leur maison.

À 0 % d’intérêt, mais il faut payer. Parce qu’aujourd’hui, avec MaPrimeRénov’, vous pouvez être subventionné par l’État. Vous le supprimez. Pourquoi ?

Il n’y a plus d’argent magique. Pas pour des rénovations merdiques. Il n’y a eu que 350 000 rénovations globales avec MaPrimeRénov’. Vous êtes souvent en dessous des seuils.

Vous supprimez les subventions pour prêter à taux zéro ?

Oui, pour pouvoir atteindre les objectifs de Pisani-Ferry. Pisani-Ferry a rendu un rapport qui dit qu’il faut 150 milliards d’euros pour rénover thermiquement l’ensemble des bâtiments, et surtout des logements. On n’a pas les moyens. Aujourd’hui, avec ces objectifs, en faisant des prêts à taux zéro, cela ne coûtera rien. Les Français comprennent que les caisses sont vides. Mais il y aura un remboursement qui représentera la moitié des économies d’énergie. Vous installez une pompe à chaleur dans votre domicile, vous allez réaliser des économies. Ce que nous disons aux Français, c’est : la moitié des économies dans votre poche, l’autre moitié pour rembourser ce prêt à taux zéro, qui va vous apporter du confort, du progrès et une meilleure qualité de vie.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Source:

www.franceinfo.fr

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