« Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours » et « Les acteurs de la construction des mémoires » sont deux des sujets de dissertation tombés au bac pour l’épreuve HGGSP (Histoire, Géographie, Géopolitique, Sciences politiques).
Cette spécialité, introduite en 2019 lors de la réforme du lycée, a été choisie cette année par environ 24 % des élèves de terminale et plus d’un tiers en première. Elle entend donner aux élèves des clés de compréhension des grands enjeux du monde contemporain, ce que les cours traditionnels d’histoire-géographie ne permettaient pas de faire jusqu’à présent.
Car la spécialité HGGSP a marqué un tournant en ouvrant largement les relations internationales à l’actualité. Dans une époque où la géopolitique s’invite jusque dans les prix à la pompe, elle constitue à la fois une opportunité pour l’enseignement d’histoire-géographie et un enjeu citoyen. Les élèves arrivent en classe déjà exposés à une actualité mondiale souvent brutale, qu’ils peinent à analyser.
Si cette option est appréciée des élèves comme des enseignants, elle reste très exigeante pour les premiers et oblige les seconds à aborder des sujets sensibles comme les guerres actuelles, les questions de mémoire, les frontières ou, plus largement, la violence du monde.
En quoi l’introduction de la géopolitique et des relations internationales au lycée renouvelle-t-elle l’enseignement de l’histoire-géographie et permet-elle de mieux comprendre le monde contemporain ? Quelle place accorder à une actualité toujours plus omniprésente ? Comment les enseignants et les élèves s’approprient-ils ces nouveaux outils ? Et comment, dans ce cadre, aborder en classe les sujets les plus sensibles ?
Julie Gacon s’entretient avec Rodolphe Pourrade, professeur d’histoire-géographie au lycée Georges Duby, à Aix-en-Provence, et Marguerite Graff, professeure d’histoire-géographie au lycée Auguste-Renoir, à Asnières-sur-Seine. Ils sont tous les deux enseignants d’HGGSP.
Focus – La BD « La guerre des voisins » de Mikko
Avec Mikko, professeur de philosophie au lycée privé Saint Michel des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, et dessinateur.
Dans La Guerre des voisins, Mikko choisit la métaphore de l’immeuble pour expliquer à ses lecteurs les enjeux géopolitiques du moment. La bande dessinée prend ainsi la forme d’un rapport de syndic : chaque étage représente un continent et chaque appartement, un pays, António Guterres est le concierge, tandis que l’ONU fait office de syndic.
Pour aller plus loin
Rodolphe Pourrade, Les enfants du désordre global : représentations géopolitiques d’une jeunesse déboussolée, Les impliqués Éditeur, 2026Marguerite Graff, Territoires vivants de la République, La Découverte, 2018, et Parce que chaque élève compte, Éditions de l’Atelier, 2022Mikko, La guerre des voisins, Dargaud, 2025
Références sonores
Référence musicale
Source:
www.radiofrance.fr


