Selon le dernier rapport de Henley & Partners, Singapour est le pays le plus attractif pour les millionnaires en 2026. À l’inverse, le cabinet note que le nombre de demandes pour s’exiler progresse au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.
Des grandes fortunes toujours à la recherche de leur havre de paix fiscal. Dans son dernier rapport, le cabinet Henley & Partners dit avoir reçu au cours des cinq premiers mois de l’année des demandes de millionnaires de 86 nationalités différentes pour bénéficier de programmes de migration. Déjà en 2025, marquée par « la plus grande migration de richesses de l’histoire », le cabinet avait enregistré des demandes de 100 nationalités et anticipait le départ de 142.000 millionnaires de leur pays d’origine.
S’il ne donne pas d’estimation pour 2026, l’exode des millionnaires semble toujours bien d’actualité. Certains cherchent même à répartir leurs capitaux dans plusieurs pays: 28% des grandes fortunes ayant transmis une demande à Henley & Partners sont en effet déjà installées dans un pays autre que leur pays d’origine.
« Les personnes les plus fortunées au monde prennent leurs décisions (…) de la même manière que les fonds souverains répartissent leurs portefeuilles: en diversifiant leurs investissements selon différents climats, systèmes de gouvernance et zones géopolitiques afin de se prémunir contre des chocs que nul ne peut pleinement prévoir. (…) En 2026, les personnes fortunées ne choisissent plus un seul pays », résume à Henley & Partners Parag Khanna, fondateur et PDG d’AlphaGeo.
Singapour en tête, l’Italie félicitée
Dans ces conditions, chaque pays veut faire valoir ses atouts pour attirer les grandes fortunes de la planète. Et certains tirent clairement leur épingle du jeu, d’après Henley & Partners qui a conçu un nouvel indice de compétitivité basé sur plusieurs critères (fiscalité, État de droit, qualité de vie, sécurité, situation géopolitique, intégration des familles, facilité d’accès à une résidence…) afin d’identifier les régions les plus susceptibles d’accueillir les millionnaires ayant des envies d’ailleurs en 2026.
Et en la matière, c’est Singapour qui s’en sort le mieux (79,5/100) « grâce à un État de droit solide, des marchés de capitaux profonds, une stabilité politique et un écosystème sophistiqué de gestion de patrimoine », observe Henley & Partners. La Nouvelle-Zélande, deuxième (75,8), profite pour sa part d’un regain d’intérêt des grandes fortunes, notamment depuis l’instauration de son programme « Active Investor Plus » qui permet d’accéder facilement à une résidence avec sa famille et d’obtenir la citoyenneté en cinq ans, à condition d’investir 5 millions de dollars néo-zélandais minimum.
Vient ensuite « un deuxième groupe de pays performants » mené par les îles Caïmans (74,3) qui complètent le podium, poursuit Henley & Partners. Premier pays européen, Chypre est quatrième (73,5), devant les Pays-Bas (72,8), le Portugal (72,5) et l’Italie. Notre voisin transalpin reçoit d’ailleurs les félicitations du cabinet qui le décrit comme l’une « des plus belles réussites européennes de 2026 ». Le pays a été en mesure d’attirer de nombreuses grandes fortunes grâce à son célèbre impôt forfaitaire pour les super-riches introduit en 2017. Ajoutés à cela son « cadre fiscal successoral avantageux et son accès au marché de l’UE » qui ont permis à Milan de s’imposer comme un « centre financier international et un pôle de gestion de patrimoine familial ».
Les trois premières économies d’Europe décrochent
Et puis il y a le groupe des « pays à surveiller », ceux dont la capacité à attirer les ultra-riches s’essouffle. Parmi eux, l’Allemagne (69,7), la Norvège (69), le Royaume-Uni (68,3), la Corée du Sud (66,2) et la France (65,7).
Entre instabilité politique, fin du statut de « non domicilié » et réforme des droits de succession, le Royaume-Uni, qui a enregistré le plus grand nombre de départs de millionnaires l’an passé, apparaît comme le pays dont la perte d’attractivité est la plus marquée. Il est même passé dans le top 5 des marchés sources de nouveaux clients pour Henley & Partners, alors qu’il était 20e en 2018.
« Les demandes émanant de personnes résidant au Royaume-Uni ont augmenté de 15% entre 2024 et 2025 », souligne encore le cabinet.
En Allemagne, le nombre de demandes de renseignements pour s’exiler a progressé de 16% tandis qu’il « a considérablement augmenté » en France, poursuit Henley & Partners. À tel point que l’Hexagone est passé « du top 40 des nationalités à l’origine des demandes en 2016 au top 15 en 2024 ».
Pour le cabinet, même si « la France continue d’attirer les capitaux grâce à sa taille économique, son cadre de vie attractif et sa connectivité mondiale, les débats récurrents autour de la fiscalité de la fortune, des réformes fiscales envisagées de l’exit-tax et d’une incertitude politique et fiscale plus générale incitent certains résidents fortunés à se tourner vers des » pays « offrant une plus grande sécurité fiscale et une meilleure prévisibilité à long terme ».
Source:
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