Car voilà : pour tout l’amour que Asa porte en elle pour son fils adoré, elle est parfaitement incapable de s’entendre avec Josefin. Pourtant, cette dernière est la fille de Stina, sa meilleure amie, et Björn. Elle la connaît depuis qu’elle est toute petite… et c’est bien le problème. Enfant déjà, Josefin faisait preuve d’un comportement vis-à-vis de ses parents que Asa n’avait jamais compris ni apprécié.
Mais pour son fils, elle voulait trouver un équilibre, faire un effort pour s’entendre avec sa belle-fille. Elle pouvait – devait – y arriver. Créer une petite famille à trois, la promesse d’un futur heureux pour tout le monde. Alors, lorsqu’un souci de canalisations dans l’immeuble de Andreas et Josefin les force à trouver refuge chez Asa, elle y voit une chance en or. Un rêve qui se transforme rapidement en cauchemar.
Un geste mal interprété, une collection de petites fautes… et tout s’effondre.
« Moi qui voulais si bien faire. Rien d’autre ne comptait plus à mes yeux que Sam et Andreas. Le pire, c’est que j’ai participé à ma chute. Comme un kamikaze fabriquant sa propre ceinture explosive.
Si je n’avais pas fait ci, mais ça. Si j’avais plutôt réagi ainsi. Je ne cessais de réfléchir à la tournure que les choses auraient pu prendre si je m’étais comportée différemment. »
Après Le Divorce, qui s’attardait sur le délitement progressif d’un mariage face aux non-dits et aux mauvais choix, Moa Herngren nous propose ici une étude tout aussi intéressante et détaillée des relations humaines. Cette fois-ci, comme le titre l’indique, ce n’est plus une question d’amour romantique, mais de celui qui lie une mère à son fils et comment le statut de belle-mère est tout sauf une évidence.
Au fil des échanges, la communication devient de plus en plus difficile, maladroite, au point d’en devenir une sorte de torture. C’est d’autant plus ironique lorsque la protagoniste est une consultante en communication visiblement talentueuse – sauf, peut-être, lorsqu’il s’agit de sa propre vie.
Sans jugement, sans parti pris, l’autrice nous laisse nous interroger : est-ce qu’on s’en sortirait mieux ou aurait-on fait les mêmes erreurs ? Y’a-t-il vraiment une mauvaise personne dans cette histoire ou simplement des êtres complexes, avec leurs propres blessures, qui ne se comprennent pas tout à fait ?
Ici, pas de grand drame ou de retournement de situation pour créer le suspens : simplement des maladresses, des silences, interprétés comme du rejet. Une incompréhension mutuelle, comme on en voit partout, qui cause une tension, comme une boule de nœuds impossible à démêler…
Un roman profondément humain, avec une traduction signée Marina Heide.
Par Valentine CostantiniContact : valentine.costantini@gmail.com
Source:
actualitte.com


