
Invité des « 4 Vérités », Hervé Marseille, président de l’UDI et du groupe Union centriste au Sénat, est revenu sur le soutien de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement à Edouard Philippe en vue de l’élection présidentielle 2027, mais également sur l’épisode caniculaire qu’a vécu la France ces derniers jours.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Jeff Wittenberg : En tant que pilier du Bloc Central, puisque vous présidez ce parti, l’UDI, comment vous réagissez à cette annonce qu’on a ce matin ? Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, qui soutient Edouard Philippe. C’est un soutien de poids, si j’ose dire. Est-ce que vous aussi, vous avez fait votre choix pour 2027 ?
Hervé Marseille : Non, pas encore. Ce qui est sûr, c’est que si on ne veut pas aller dans le mur à la rentrée, après les vacances qui, je l’espère, seront profitables pour la réflexion, il faudra trouver le moyen de se retrouver. Il ne peut pas y avoir plusieurs candidats. Sinon, nous serons les spectateurs du match Mélenchon et Le Pen. Et c’est quelque chose que je ne crois pas bon pour le pays.
On connaît l’équation. Il y a Gabriel Attal d’un côté, Edouard Philippe, Bruno Retailleau qui représente la droite. Est-ce qu’il faut que la droite et le centre s’unissent ? Et derrière qui ? Le plus efficace serait qui aujourd’hui ?
C’est tout le problème. Le mieux placé aujourd’hui dans les intentions de vote, c’est incontestablement Edouard Philippe. Mais il est talonné par Gabriel Attal, il y a également Bruno Retailleau, il faut que tout le monde travaille ensemble. Il y aura aussi, j’insiste là-dessus, les législatives tout de suite après les présidentielles, et on ne peut pas avoir cinq ans plus sans majorité à l’Assemblée.
Oui, mais ça ne répond pas à ma question. Vous avez dressé l’inventaire des candidats, mais vous n’avez pas dit celui que vous choisiriez.
On verra, il faut que tout le monde se retrouve à la rentrée, il faut que tout le monde se retrouve.
Bon, je ne vous en ferai pas dire plus là-dessus. En revanche, sur la canicule, qu’est-ce que vous pensez de la situation ? Après les chaleurs extrêmes, c’est le feu des critiques qui s’abattent sur le gouvernement. Les oppositions reprochent au gouvernement de ne pas avoir anticipé cette situation exceptionnelle. Quel est votre avis ?
Quoi qu’il arrive, de toute façon, et quel que soit le gouvernement, on reproche toujours au gouvernement de ne pas en avoir assez fait. Le gouvernement a réagi, il a fait ce qu’il devait faire avec les moyens du bord. On voit bien qu’on a un épisode exceptionnel, il va y avoir malheureusement encore beaucoup de victimes et moi, je rends hommage au personnel de santé, des hôpitaux, les personnels de sécurité qui ont beaucoup travaillé. Mais aujourd’hui, si on veut apporter des solutions, c’est sur la durée. On ne peut pas trouver des solutions en une semaine ou en un mois.
Alors précisément, vous parliez des victimes. On a parlé d’au moins 1000 morts supplémentaires liés à cette canicule. Vous êtes un élu local. Vous avez été longtemps maire de Meudon, en région parisienne. Aujourd’hui, vous y êtes conseiller municipal. Est-ce que vous confirmez cette saturation, notamment en Ile-de-France, des funérariums ? Est-ce que vous l’avez constaté vous-même ?
Oui, oui. Incontestablement, les funérariums, on se rend compte des difficultés. On va être obligé de faire comme durant la période de la Covid, c’est-à-dire trouver des moyens de substitution, notamment avec des blocs réfrigérés comme à Rungis. Il va falloir pouvoir stocker les corps, tout simplement, parce qu’il y a un surcroît d’arrivée et on ne peut pas y faire face. Mais là aussi, il va falloir trouver des solutions. C’est exceptionnel, donc le moment est exceptionnel. Mais pour ce qui est de la canicule elle-même, si on veut trouver le moyen de changer les choses, il faut investir. Et pour investir, il faut des moyens.
Cette canicule du moment et qui malheureusement risque de recommencer dans quelques jours, est-ce que le gouvernement, c’est le reproche encore une fois qu’on lui fait, a assez anticipé ? Ces reproches viennent parfois même du bloc central, je cite Elisabeth Borne qui a dit hier : « Après mon départ de Matignon en janvier 2024, je ne suis pas sûr que la planification écologique et énergétique ait été portée », dit-elle, « avec la même énergie. » Est-ce que vous êtes de cet avis-là aussi ? Est-ce qu’on en a fait assez ? Est-ce qu’on a assez en
À l’évidence, on n’a pas mis assez de moyens. Regardez, le Fonds vert a été divisé par 3. La faute au budget, parce qu’on n’a pas d’argent. Donc, à chaque fois, les priorités changent. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, il fallait aider ceux qui étaient en difficulté à cause du prix de l’essence. Il fallait faire des chèques. Après, il a fallu trouver de l’argent parce que la défense européenne, la situation internationale, l’imposait. Aujourd’hui, c’est la canicule. Il y a eu la justice. À peine 15 jours, avec la malheureuse affaire de cet enfant assassiné, il fallait une priorité, c’était la justice, celle des enfants, et trouver des moyens. On ne peut pas payer tout le temps pour tout. Il faut faire des choix. Et pour avoir des choix, il faut au moins avoir des moyens.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Source:
www.franceinfo.fr


