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Après la canicule, "'il faut continuer à ventiler pour que les bâtiments redescendent en température", selon une spécialiste

En cette fin de vigilance rouge généralisée, la directrice de recherche Alexandra Lebert explique comment les logements vont mettre plusieurs jours à évacuer la chaleur emmagasinée dans les toits et les murs.


Publié le 29/06/2026 08:32



Mis à jour le 29/06/2026 08:35

Temps de lecture : 2min

Chambres sous les toits, juin 2026. Photo d'illustration. (Bruno Levesque / MAXPPP)

Chambres sous les toits, juin 2026. Photo d’illustration. (Bruno Levesque / MAXPPP)

« On va avoir sans doute plusieurs jours pour regagner des températures acceptables dans les bâtiments », indique Alexandra Lebert, directrice de domaines d’actions stratégiques – bâtiments et villes face au changement climatique, au sein du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

On respire mieux en France, lundi 29 juin, mais la plupart des logements, et pas seulement les passoires thermiques, vont mettre du temps à retrouver une température normale. « C’est vraiment lié aux températures nocturnes puisqu’il va falloir décharger les bâtiments de leur chaleur, précise Alexandra Lebert. Il va falloir continuer à ventiler, continuer à ouvrir les fenêtres la nuit, pour que les bâtiments redescendent doucement en température. »

« On parle de l’ordre de plusieurs jours, de deux à quatre jours en fonction des typologies de bâtiments », explique la directrice de recherche, qui rappelle que « les canicules seront toujours une affaire d’inégalité sociale ». Si les habitants de bouilloires thermiques ont certainement été les plus éprouvés, ces derniers jours, la directrice de recherche précise que ces logements plus poreux le sont dans un sens comme dans l’autre :

« Ceux qui ont chauffé le plus vite vont aussi être ceux qui vont être refroidis le plus vite. »

Alexandra Lebert, directrice de recherche au CSTB

à franceinfo

En revanche, les bâtiments en « matériau lourd », comme la pierre ou le béton, qui sont un bon rempart contre les « vagues de chaleur ou petites canicules », ont ces derniers jours « emmagasiné » une telle quantité de chaleur qu’ils mettront beaucoup de temps à la libérer. Selon ce qu’on appelle l’inertie du bâtiment, « c’est ceux-là qu’il va falloir ventiler le plus possible pour que ça refroidisse dans les jours à venir », explique Alexandra Lebert.

L’évacuation de la chaleur dans les bâtiments dépend aussi de l’environnement. La zone où se trouve un logement peut avoir une incidence sur son réchauffement ainsi que son refroidissement. Un îlot urbain peut ajouter « plusieurs degrés par rapport à des projections de température faites à Météo France », indique Alexandra Lebert.

Pour être le plus efficace possible, la directrice de recherche préconise de placer deux thermomètres chez soi, un à l’intérieur et l’autre à l’extérieur :

« À partir du moment où la température extérieure est plus basse que la température intérieure, on ouvre les fenêtres autant qu’on le peut. En fonction du moment où on est dans la canicule, ça peut être 20h30, 21h30, ou 1 heure du matin. »

Alexandra Lebert

à francienfo

En prévision de canicules qui vont « s’intensifier et arriver de plus en plus vite », Alexandra Lebert alerte sur l’urgence de la « désimperméabilisation » des villes. Avec, bien sûr, la végétalisation des sols, l’isolation des logements, et des protections solaires fixes ou mobiles sur les bâtiments, allant « des casquettes, des déports, aux brise-soleil orientables, et aux volets, extérieurs plus qu’intérieurs ».

Mais il faut aussi, selon elle, « privilégier la capacité à ventiler, potentiellement rajouter des moustiquaires, des ventilateurs, des brasseurs d’air, et puis potentiellement ensuite, arriver sur ce qu’on appelle des solutions actives avec des produits adiabatiques, comme les pompes à chaleur et des climatisations. »


Source:

www.franceinfo.fr

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