AccueilActualitésRestaurants : quand...

Restaurants : quand les clients partent sans régler leur addition

On l’appelle parfois le « resto-basket » : lorsque les clients décident de quitter un restaurant sans payer leur note. En plein service, il est parfois difficile de réagir. Quelles sont les options des restaurateurs pour s’en prémunir ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

À deux reprises, en l’espace de quelques jours, un même client du restaurant « Le Mesturet (Paris) est parti sans payer. Attablé au fond de l’établissement, les deux fois, il commande plat, dessert, vin, café, et laisse une ardoise de 70 euros. Pris par le service ce jour-là, les deux gérants ne soupçonnent rien. « Des messieurs seuls qui viennent déjeuner chez nous, on en a beaucoup, donc on ne se méfie pas », confie l’une d’eux. « Il ne faut pas avoir une attitude un petit peu originale. Il faut être comme Monsieur tout le monde », ajoute Alain Fontaine, maître restaurateur au Mesturet.

Pour tromper leur vigilance, l’homme a profité du départ d’un groupe. Car c’est bien lorsque l’affluence bat son plein, jusqu’à 120 couverts dans cet établissement, que le risque augmente. « Là, je défie quiconque de voir quelque chose quand un groupe comme ça [est là]. Là ils sont presque une quarantaine, ils partent d’un seul coup. S’il y a quelqu’un qui se mélange avec eux, c’est terminé, ils sortent et c’est fini », explique Alain Fontaine.

Face à ce phénomène surnommé « resto-basket », certains professionnels excédés n’hésitent pas à dénoncer les clients malhonnêtes. En ligne, leurs visages sont exposés publiquement, comme sur la page d’un restaurant dans les Pyrénées-Atlantiques. Un homme y a dîné pour 70 euros. Puis il sort sur la terrasse, prétexte une pause cigarette, vérifie que personne ne l’observe et s’enfuit. Le patron de l’enseigne assume sa dénonciation, pourtant illégale en France. « C’est un peu un cri de colère et de ras-le-bol. On est une équipe, j’ai des salariés, j’ai des fournisseurs. Il y a toute une économie derrière. Ce n’est pas moi honte d’avoir fait ça, c’est plus lui d’avoir honte. À sa place, je pense que je me ferais tout petit. Je suis prêt à assumer. Je pense qu’on devrait faire ça clairement en France comme c’est fait dans notre pays, afficher ceux qui ne payent pas », explique Julien Virga.

La pratique est autorisée au Royaume-Uni. Il y a quelques mois, des images de vidéosurveillance ont fait le tour des réseaux sociaux. Les jeunes clients quittent leur table, le pas vif. Les serveurs comprennent tout de suite, mais ne parviennent pas à les rattraper. L’addition s’élève à plus de 197 livres, près de 230 euros. « Si vous reconnaissez ces individus ou si vous avez la moindre information, s’il vous plaît contactez-nous ou prévenez la police », a écrit le restaurant sur un réseau social.

Pour se prémunir des « resto-basket », certains établissements optent pour l’encaissement dès la réception du plat, ou pour les réservations, afin de retrouver les coordonnées des clients. Mais certains, de toute façon, ne s’y risqueraient pas. « Je pense être rattrapé par le serveur automatiquement, parce que si le jeune est dynamique et athlétique, il m’aura. Et il est juste de payer parce que si vous ne le faites pas, c’est quelqu’un d’autre qui paiera pour vous », avance un homme. D’autres reconnaissent une erreur de jeunesse, comme un Parisien lors d’un voyage à Barcelone (Espagne). « Je ne l’aurais pas fait, par exemple, dans mon quartier ou dans ma ville. C’est pour ça que je l’ai fait quand j’étais à l’étranger. Je n’avais pas du tout aimé ce que j’avais mangé, et j’étais parti comme ça. Déjà, je n’avais pas beaucoup d’argent à l’époque. J’ai couru aussi longtemps que je pouvais. J’avais peur qu’on me rattrape », raconte-t-il.

En France, le « resto-basket » est un délit de filouterie, passible de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.


Source:

www.franceinfo.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img