Parmi les rockstars les plus connues, Sting est probablement celui qui tourne le plus et sera bientôt au Nice Jazz Festival. Il dit tout sur sa formation trio.
Ne manquez pas Sting en tête d’affiche du Nice Jazz Festival le 23 juillet. Les places sont disponibles.
Au printemps, vous sortiez un nouvel album live, 3.0. Pourquoi un album en public à ce stade de votre carrière ?
Avec la tournée sur laquelle cet album s’appuie, je suis passé d’un groupe de sept personnes à un trio, un format avec lequel j’ai un peu d’expérience… J’étais assez confiant dans l’idée que les chansons qui le composeraient étaient assez solides pour bien supporter cette réduction de personnel. Par ce biais, il y avait à nouveau soudain beaucoup d’espace entre les instruments, une plus grande clarté, ce qui a rendu ces chansons beaucoup plus fortes, d’une certaine manière. Ce fut une expérience très réconfortante, d’où l’envie dans la foulée de les enregistrer, un peu pour dire au public : “Bon, voilà, ça pouvait être risqué mais ça semble fonctionner.” La prochaine étape est d’écrire de nouvelles chansons avec ce format ; mais dans un premier temps, l’idée était de partager ça avec le public.
Vous parliez de risque à l’instant. Quel risque pouvait-il y avoir à renouer avec le format trio ?
Il ne s’agit évidemment pas d’un risque physique… Mais bon, avec un retour au trio, la comparaison avec The Police allait être inévitable. Et The Police fut très bon en la matière. Il nous fallait donc faire aussi bien, voire mieux. Le risque était là : ne pas parvenir à aller au-delà…
N’est-ce pas au final l’illustration que ce format trio constitue ce qu’il y a de mieux pour vous, de plus “confortable” également, et d’y revenir presque fatalement ?
Non, car il m’oblige à travailler plus durement. Précisément parce qu’il n’y a que trois instruments, et même si j’adore le challenge qu’il propose. Le trio t’interdit de te laisser aller en quelque sorte, ce que tu peux parfois te permettre furtivement dans un plus grand groupe. Là, que ce soit moi, Dominic Miller [à la guitare, ndla] ou Chris Maas [à la batterie], nous n’avons aucune seconde de relâchement. C’est tendu tout du long. Mais la satisfaction n’en est que plus grande à l’arrivée chaque soir : “On y est arrivés, une fois de plus”…
Quelle est votre relation avec les albums live en général ? Certains figurent-ils parmi vos préférés ?
J’aime surtout les albums de jazz en la matière. Ils ont cette propension, souvent, à capturer un moment unique, qui n’arrive qu’une fois, ce qui en fait des documents importants. Mais oui, j’aime les albums live.
Des exemples en particulier ?
L’un des albums qui a changé ma vie est un enregistrement de Thelonious Monk à l’Olympia. Je l’avais découvert adolescent, et il a complètement transformé ma façon d’écouter la musique, car c’était quelque chose d’assez difficile à écouter, avec des intervalles bizarres, des rythmiques complexes. Je suis resté fixé dessus et je suis rentré dedans progressivement. Cette complexité, que l’on associe souvent au jazz, on ne la comprend et l’apprécie qu’en écoutant beaucoup de jazz. En tout cas, cet album live a complètement changé ma perspective sur la musique.
Vous n’avez cessé de tourner à travers le monde ces dernières années, à un rythme qui ne se dément pas. D’où vient cet appétit renouvelé pour la scène ? Chercheriez-vous à concurrencer Bob Dylan et son Never Ending Tour ?
[Rires] J’adore jouer. J’adore tourner. C’est aussi simple que ça. J’adore les gens avec lesquels je collabore sur une tournée. Et c’est une sorte de sport. Un peu comme si vous étiez un joueur de tennis. Le plus longtemps vous restez dans la partie, mieux c’est. Il ne s’agit d’ailleurs plus de gagner quoi que ce soit, mais de rester dans le jeu. Un jeu que je continue à adorer. Combien de temps cela va-t-il encore durer ? J’espère que, le moment venu, je serai capable de me dire : “Bon, là, il est temps de raccrocher, de rester dans ta ferme.” [Rires] Mais je m’en sens encore loin. Je me sens encore très investi dans ce que je fais, j’ai encore les capacités de le faire. Je me suis entraîné toute ma vie pour continuer à pratiquer ce sport et il me rend heureux.
Xavier Bonnet
Consultez la suite de cet entretien avec Sting dans notre n°175, disponible en kiosque et via notre boutique en ligne.
Source:
www.rollingstone.fr


