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Plus vous vieillissez, plus vous devriez fumer de l'herbe

Le cannabis d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui des générations précédentes. Dans les années 1970-1980, le taux de THC (la molécule psychoactive du cannabis) dépassait rarement les 5%. Aujourd’hui, on approche plutôt les 20%, avec certains taux de concentration atteignant parfois 90%. Ce bond rend les anciennes études difficiles à comparer aux nouvelles, et complique la recherche sur le sujet.

Au cœur de cette recherche se trouve une molécule: le cannabinol, un dérivé du THC. Testée sur des cellules cérébrales humaines et animales, cette substance semble capable de protéger les neurones contre leur propre usure. Ce stress oxydatif joue un rôle central dans l’apparition de maladies comme Alzheimer, explique un article de Futurism à partir de plusieurs études récentes.

Une consommation régulière de cannabis pourrait-elle réduire les risques de démence? Aucune certitude pour le moment, mais plusieurs travaux semblent aller dans cette direction. Une étude publiée en 2024 dans le journal scientifique JAMA Network Open n’a trouvé aucun lien significatif entre une consommation médicale de cannabis chez des adultes d’âge moyen ou avancé et un déclin cognitif. Pas d’effet négatif ne veut pas pour autant dire qu’un quelconque bénéfice existe. À moins que?

Adultes VS ados 

Carl Hart, psychologue à l’Université Columbia (États-Unis), va plus loin. Selon lui, le cerveau adulte est bien plus résistant aux effets négatifs du cannabis qu’on ne le croit généralement. Dans ses propres expériences, il a proposé à des participants de passer un test de mathématiques rémunéré avec, en option, la possibilité de consommer du cannabis avant de commencer. La plupart ont refusé, mais ceux qui ont accepté n’ont montré qu’un impact minimal sur la précision de leurs réponses.

Pour Carl Hart, ce résultat contredit un stéréotype tenace: le cannabis ne transforme pas ses consommateurs en énormes patates dépourvues de toute motivation et énergie. Même avec la perspective de gagner de l’argent, les fumeurs ont relevé le défi. «Pensez à tous ceux qui consomment du cannabis, a-t-il déclaré au Washington Post. Certaines personnes manquent de motivation, mais ce n’est pas à cause du cannabis. Et une grande diversité de gens ont accompli des choses remarquables en en consommant. Pourtant, l’idée ne veut pas mourir.»

Ces résultats ne constituent surtout pas un blanc-seing pour une consommation sans limite et la distinction entre consommateurs adultes et adolescents est fondamentale. Une étude sur 460.000 adolescents a montré que la consommation de cannabis avant 18 ans, alors que le cerveau est encore en formation, doublait le risque de développer des troubles psychotiques ou bipolaires à l’âge adulte.

Autre nuance importante: certains effets cognitifs liés à une consommation intensive semblent partiellement réversibles. Des études montrent qu’une pause prolongée permet à certaines fonctions, comme l’attention et la mémoire de travail, de se rétablir en partie.

Enfin, ce qui distingue l’impact du cannabis sur le cerveau tient souvent moins à la quantité consommée qu’aux règles qui encadrent cette pratique. Ne pas consommer avant le travail, ne pas conduire après avoir fumé: ceux qui fixent ces limites présentent significativement moins de signes d’usage problématique. À l’heure où le cannabis se légalise dans de nombreux pays, ce constat pourrait orienter les politiques de santé publique.


Source:

www.slate.fr

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