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Houaria : Oran, ses femmes et ses fantômes

Ce roman polyphonique met en avant plusieurs personnages. Leur point commun, la lettre “H” présente dans le prénom de chacun.e : Hadia, Hicham, Houari… 

Le récit prend place dans la ville d’Oran pendant les années 1990.

Les personnages féminins occupent la majeure partie du roman, sans étouffer les protagonistes masculins. Chacune symbolise la diversité, la complexité des femmes algériennes.

Moi, c’est Hadia, Hadiyat Allah comme m’appelle ma mère. (…) J’aime la vie et la vie ne m’aime pas. Peut-être que je suis née au mauvais endroit et à la mauvaise époque (…) après la mort de mon paternel lequel pour un gars qui détestait les filles, a eu la guigne d’en avoir cinq.

 

Étrangement, elle se sent unie à cette jeune femme par la même peine et la même confusion.

L’ouvrage est paru initialement en langue arabe en 2023, aux éditions Mim. Suite à une polémique lancée sur les réseaux sociaux, le roman est tombé aux oubliettes. Cette traduction en français de Lotfi Nia a permis au récit de redorer son blason.

Toute traduction, traducteur.trice efface un aspect authentique de l’ouvrage et y incorpore un apport subjectif. Dans le cas de Houaria, Lotfi Nia est parvenu à retranscrire les émotions des héroïnes/ héros.

En parcourant l’œuvre, le lecteur/ trice rencontre des termes, expressions en derdja inscrits en italique : « ya dellali » ; « hetta ghbina ma doum » ; « khmous ».

La ville d’Oran, toile de fond du récit, est un personnage à part entière. Des quartiers comme Mdina Jdida, la rue d’Arzew, Ain El Tork ou encore l’hôpital psychiatrique de Sidi el Chahmi y sont cités. Pour les lecteurs familiers de la ville, lire ces pages permet de se replonger au coeur de La Radieuse.

Elle était en route vers la Corniche. Plus précisément, Ain El Tork.

 

Le ciel est bas et pèse sur Oran, qui entourée de nuages, a l’air capitonnée. Malgré tout, Oran résiste à la décripitude et à la fadeur en opposant sa simplicité. Une ville qui ne se lasse pas d’inventer des expressions crées dans l’allégresse de l’instant. 

En définitive, ce roman rassemble plusieurs lignes de force : la mémoire d’une période historique tragique, une déclaration d’amour à Oran, à ses femmes, et aux langues qui la traversent.

Ghozlène Benabi

Ghozlène Benabi est libraire à la librairie L’Arbre à Dires, à Alger. Titulaire d’une licence en littérature française et d’un master en littérature algérienne, elle modère des rencontres littéraires et développe un travail de notes de lecture consacré aux nouvelles parutions de romans algériens.

Intéressée par la littérature, les arts et la culture au sens large, elle pratique également le sport et parle français, arabe, anglais, avec un niveau avancé en espagnol.

Par Auteur invitéContact : contact@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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