Le réchauffement climatique nécessite des investissements massifs, mais les arbitrages budgétaires continuent de privilégier les dépenses sociales. Au risque de faire peser sur les jeunes le double fardeau de la dette et d’une planète plus chaude.
Publié le 26/06/2026 07:55
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L’été 2026, qui commence à peine, est « sans doute le plus frais du reste de notre vie », disait, jeudi 25 juin, la climatologue Françoise Vimeux. Nous avons basculé dans un nouveau monde. Dans une vingtaine d’années, les températures que nous subissons cette semaine deviendront ordinaires l’été dans une large partie du pays. Les jeunes générations vont devoir les affronter, et elles sont, de longue date, les oubliées des politiques publiques. Le défi climatique impose des dizaines de milliards d’euros d’investissements, mais les gouvernements continuent de rogner les crédits consacrés à l’environnement pour boucler, dans l’urgence, les fins de mois budgétaires. Cette politique de bouts de ficelle risque de finir par allumer une guerre des générations.
L’argent existe. Il suffit de comparer deux chiffres : les retraites représentent 25% des dépenses publiques, la transition écologique à peine 4%. La France vieillit, son solde démographique naturel est désormais négatif, sa population commencera à baisser dans dix ans, selon l’Insee, et elle a choisi de tout donner à ses aînés et de sacrifier ses jeunes. Sur 1 000 € d’impôts, plus de la moitié, soit 567 €, vont à la protection sociale (retraites, santé, diverses allocations) et seulement 17 € à l’environnement.
Peut-être faut-il instaurer un ISF climatique pour taxer davantage les plus fortunés, comme le proposent les écologistes ? Mais, sur le fond, « gouverner, c’est choisir », comme disait Pierre Mendès France. Et « choisir, c’est renoncer », ajoutait André Gide. Notre pays doit sans doute renoncer, en partie, à un modèle social au-dessus de ses moyens, s’il ne veut pas laisser aux jeunes générations le double fardeau de la dette et d’une planète qui brûle.
Pour l’instant, aucun candidat à la présidentielle n’est prêt à faire payer davantage les retraités. Au contraire ! La gauche et le Rassemblement national continuent de promettre d’abaisser l’âge de départ à la retraite. Sébastien Lecornu a renoncé à la désindexation des pensions envisagée par François Bayrou. Il a même accepté de suspendre la réforme Borne. Pas touche aux retraités, qui, eux, votent massivement !
C’est la principale raison de ces « petites lâchetés démagogiques qui font les grandes catastrophes », selon la formule de l’ancienne ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet. François Hollande, qui n’est pas encore candidat, répète que la présidentielle de 2027 se jouera sur la jeunesse. Mais, pendant que les autres prétendants s’en détournent, deux candidats, qui rêvent de se retrouver face à face au second tour, font aujourd’hui la course en tête chez les moins de 25 ans : Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon.
Source:
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