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John Stuart Mill et Harriet Taylor

John Stuart Mill, né en 1906 dans un milieu intellectuel londonien, était un enfant prodige. Son père lui fit lire le grec et le latin avant l’âge de huit ans, l’économie politique à 13 ans… Le jeune homme est devenu une figure importante du libéralisme anglais du 19e siècle, au sens global du mot « libéralisme », voire un peu plus politique qu’économique stricto sensu – en tout cas, tourmenté par la question du bonheur collectif et discutant avec les socialistes.

John Stuart Mill a fait toute sa carrière professionnelle à la Compagnie des Indes orientales – emploi qui lui laissait le temps d’écrire. Célibataire, il fréquente des cercles intellectuels de Londres, notamment les cercles unitaristes – l’unitarisme est cette doctrine protestante qui réfute la Trinité et promeut une sorte de déisme, l’idée d’un dieu un, assez lointain, laissant l’individu face à sa conscience. C’est ainsi que ce jeune homme de 24 ans se retrouve un soir de l’année 1830 à la table de John et Harriet Taylor. Harriet Taylor est une femme brillante, cultivée, sensible aux dominations sociales qui entravent l’individu, notamment les femmes – lesquelles à cette époque en Angleterre n’ont pas beaucoup plus de droits que les enfants. A 23 ans elle attend son 3e enfant ; son mariage ne va pas trop mal ; mais l’histoire d’amour qui va se nouer entre elle et John Stuart Mill prendra une place majeure dans sa vie. Se décide avec son mari une séparation sans divorce formel, et ce n’est qu’à la mort de celui-ci que Harriet Taylor épousera Mill, au début des années 1850.

Or ces deux amoureux se sont beaucoup écrit. Dès le début de leur relation, et continument ensuite. Cette correspondance, dont peut-être la partie la plus sentimentale voire érotique, a été détruite par eux-mêmes, comportait des lettres véritablement philosophiques. Harriet Taylor comme auteur, et comme contributrice probable de plusieurs livres de John Stuart Mill, fine analyste des besoins de l’individu, est de mieux en mieux connue aujourd’hui. Comment les lettres ont-elles participé à l’élaboration de leur pensée ? Nos deux invitées nous en parlent.

Pour aller plus loin avec nos invitées

Françoise Orazi est professeure de civilisation britannique à l’Université Lumière-Lyon II. Rattachée au laboratoire Triangle, elle travaille sur l’histoire du féminisme et du libéralisme en Grande-Bretagne. Parmi ses publications :

John Stuart Mill et Harriet Taylor : écrits sur l’égalité des sexes , présentation et traduction de l’anthologie, ENS Éditions, 2014.L’individu libre : le libéralisme anglo-saxon de John Stuart Mill à nos jours, Classiques Garnier, 2018.

Aurélie Knüfer est maître de conférences en philosophie à l’Université Montpellier Paul-Valéry, spécialiste de la philosophie de John Stuart Mill. Elle est membre de l’Institut Universitaire de France, et rattachée au laboratoire CRISES (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines et Sociales de Montpellier). À la suite d’un colloque consacré à Harriet Taylor, elle participe à un volume collectif en préparation aux éditions Routledge, témoignant de l’actualité des travaux sur Harriet Taylor. Elle a fait paraître :

La philosophie de John Stuart Mill, Vrin, coll. “Repères”, 2021.

Références sonores

Chanson. Sister Suffragette, une chanson de Glynis Johns et Reta Shaw tirée du film Mary Poppins (1864, Robert Stevenson chez Disney)Texte 1. Le dialogue des sexes. John Stuart Mill, « Du mariage » (1832-1833), traduction de Françoise Orazi. Dans l’anthologie, John Stuart Mill et Harriet Taylor : écrits sur l’égalité des sexes, présentation et traduction par F. Orazi, ENS Éditions, 2014.Texte 2. L’éthique sexuelle. Harriet Taylor, « Du mariage » (1832-1833), op. cité.Texte 3. Le bonheur mis en doute. Ébauche d’un texte écrit par Harriet Taylor, datation incertaine, peut-être février 1834, traduction non publiée d’Aurélie Knüfer.Texte 4. Une éthique de la différence et de la discussion. Lettre de John Stuart Mill à Harriet Taylor datant vraisemblablement de l’été 1834, traduction non publiée d’Aurélie Knüfer.Chanson. Love Letters, de Julie London (1962).


Source:

www.radiofrance.fr

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