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Une start-up a inventé un implant cérébral capable de détecter les cancers

Une start-up basée à San Francisco, liée à l’écosystème de Neuralink –une entreprise américaine spécialisée en neurotechnologie et cofondée en 2016 par Elon Musk–, a franchi une étape importante en testant pour la première fois chez l’humain un implant cérébral destiné à détecter et traiter certains cancers. L’entreprise en question, Coherence Neuro, explore une approche innovante combinant neurotechnologie et oncologie.

Le dispositif, de la taille d’une pièce de monnaie, a été temporairement implanté dans le cerveau de trois patients opérés pour des tumeurs cérébrales à l’hôpital Royal Melbourne, en Australie. Placé pendant environ trente minutes avant d’être retiré, il a permis de démontrer son innocuité et son bon fonctionnement en conditions réelles.

Ce type de technologie appartient à la catégorie des interfaces cerveau-ordinateur. L’objectif du dispositif est de capter les signaux électriques spécifiques émis par les tumeurs, puis d’envoyer de légères stimulations électriques pour en freiner la croissance, résume Wired.

Les patients avaient donné leur consentement avant l’intervention et cette phase de test a permis aux chercheurs d’observer le comportement de l’implant sur une courte durée. Des premières données essentielles avant d’envisager une implantation permanente.

Le projet ne sort pas de nulle part, puisqu’il bénéficie de liens étroits avec Neuralink en la personne de Matthew MacDougall, neurochirurgien en chef de l’entreprise d’Elon Musk, mais également conseiller et investisseur dans Coherence Neuro. D’autres spécialistes impliqués dans des essais de Neuralink devraient aussi participer aux prochaines étapes.

Une cible thérapeutique précise

L’approche repose sur les propriétés électriques distinctes des tissus cancéreux, étudiées depuis plusieurs années. Certains chercheurs considèrent même ces tumeurs comme des dysfonctionnements des réseaux neuronaux, comparables à d’autres troubles cérébraux comme l’épilepsie.

Des travaux menés notamment à l’Université de Stanford (Californie) ont montré que certaines tumeurs agressives, comme les gliomes de haut grade, peuvent établir des connexions avec les neurones sains pour favoriser leur croissance. Interrompre ces signaux électriques pourrait donc ralentir la progression de la maladie.

Des dispositifs existent déjà, comme Optune, qui utilise des champs électriques pour perturber la division des cellules cancéreuses. Bien que cette technologie ait démontré une amélioration modeste de la survie, elle reste contraignante à utiliser au quotidien, nécessitant notamment un port prolongé et visible des équipements.

Coherence Neuro cherche à proposer une solution plus discrète et continue. Son implant, fixé au niveau du crâne et relié au cerveau par de fines électrodes, pourrait être installé lors d’une opération chirurgicale visant à retirer une tumeur. Il serait ensuite capable de surveiller en permanence l’activité tumorale et d’ajuster automatiquement les stimulations.

Cette innovation vise en priorité les patients atteints de glioblastome, une forme particulièrement agressive de cancer du cerveau, dont le pronostic reste très défavorable. En offrant un suivi continu et une intervention plus rapide en cas de reprise de la tumeur, ce type de dispositif pourrait transformer la prise en charge de la maladie. Des essais avec implantation permanente sont prévus dans les prochaines années.


Source:

www.slate.fr

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