Quelles mesures de sécurité faudrait-il prendre si, au cours d’une mission spatiale, des astronautes entraient en contact avec une forme de vie extraterrestre? C’est en somme la question que se posent les chercheurs Frederick I. Moxley et Anthony Ricciardi dans une étude scientifique mise en lumière par The Debrief.
Intitulé «Protéger la Terre de la contamination extraterrestre: plaidoyer pour une installation de confinement biologique lunaire», l’article publié à cette occasion interroge la réaction à adopter pour éviter que la biologie extraterrestre ne mette en danger l’intégrité de l’humanité. «Le passage à l’ère des missions de retour d’échantillons de Mars, d’astéroïdes et de lunes glacées accroît le risque de contamination biologique, que ce soit en provenance ou à destination de la Terre», écrivent les auteurs. Mais comment y faire face?
Un projet réaliste
«Nous envisageons la possibilité que des organismes extraterrestres introduits sur Terre puissent se comporter de manière analogue aux espèces envahissantes en déstabilisant les écosystèmes ou en interagissant de façon imprévisible avec leur nouvel environnement», poursuit le tandem de scientifiques, soulignant la multitude d’exemples connus de la science, dont beaucoup impliquent l’introduction d’organismes microbiens dans de nouveaux environnements, souvent avec des conséquences dévastatrices.
Dans de nombreux cas, ces organismes peuvent non seulement survivre dans de nouveaux environnements, mais aussi s’y adapter avec une rapidité remarquable, même dans les environnements les plus extrêmes. «La plausibilité d’une rencontre avec une vie extraterrestre justifie des mesures rigoureuses de protection planétaire fondées sur les principes de biosécurité et de biosûreté», avertissent Frederick I. Moxley et Anthony Ricciardi.
La solution proposée réside dans la construction d’un centre de quarantaine sur la Lune, qui pourrait selon eux constituer notre dernière ligne de défense contre toute invasion extraterrestre non intentionnelle susceptible de perturber radicalement les écosystèmes fragiles de la Terre. «De par sa proximité, son isolement naturel et l’absence apparente de biosphère, la Lune peut servir de site sûr pour le confinement biologique d’échantillons extraterrestres», écrivent les auteurs.
La Lune «devrait constituer la pierre angulaire des stratégies modernes d’atténuation des risques astrobiologiques», ajoutent-ils. Loin d’être farfelue, leur proposition s’inscrit dans le cadre des plans actuels de la NASA pour une base lunaire permanente, l’un des nombreux projets inclus dans la mission Artemis. D’un coût proche de 30 milliards d’euros, un tel avant-poste lunaire contribuera à faciliter une présence humaine permanente sur la Lune dès 2028. C’est déjà demain.
Source:
www.slate.fr


