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Archipels, une géographie sensible : Océanie, un continent-archipel

L’écrivain J.M.G Le Clézio l’appelle le “continent invisible”. Il faut dire qu’en dépit de son immensité, l’Océanie a longtemps été perçue comme un “espace vide” : un espace maritime avant tout, parsemé de quelques bouts de terres éparpillés et discontinus. De fait, l’Océanie reste marquée par une vision très européocentrée de sa géographie qui a longtemps refusé de la considérer comme un continent à part entière, et ce d’autant qu’une partie des îles a longtemps été – voire est toujours – sous la domination coloniale des grandes puissances. Pourtant, malgré les distances, le grand nombre d’États et la diversité des populations (24 États, 1500 langues…), l’Océanie peut aussi être perçue comme un espace uni et cohérent. Un “archipel d’archipels” dont les États et les habitants s’organisent pour exister sur la scène internationale, notamment à travers le Forum des îles du Pacifique (FIP), qui tente de défendre les intérêts des pays de la région, que ce soit au sujet du changement climatique, qui les touche directement et qui est leur préoccupation première, mais aussi des rivalités stratégiques croissantes entre grandes puissances dans la région.

Comment s’est construit le regard sur l’Océanie et quels en sont les héritages coloniaux ? En quoi la dimension archipélagique du continent et la centralité de l’océan sont-elles constitutives de l’identité des peuples qui le composent ? Comment les États insulaires s’organisent-ils pour faire valoir leurs intérêts et revendications face aux intérêts des anciennes puissances coloniales mais aussi des puissances actuelles ?

Julie Gacon s’entretient avec Sarah Mohamed-Gaillard, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Inalco, spécialiste de l’histoire de l’Océanie et de la politique de la France dans le Pacifique Sud, et Élise Barandon, doctorante en science politique à l’Université Paris Panthéon-Assas (Centre Thucydide).

Focus – Aux Tuvalu, continuer à exister malgré la disparition inévitable du territoire

Avec Jean-Baptiste Dudant, professeur de droit public à l’université Saint-Quentin-en-Yvelines.

Depuis le début de l’année 2022, l’archipel des Tuvalu, menacé de disparition du fait de l’élévation du niveau de la mer, a lancé une initiative baptisée Future Now Project. Dans ce cadre, les dirigeants déploient une diplomatie tous azimuts visant à faire reconnaître par les États et par le droit international la possibilité pour les pays insulaires menacés de conserver l’existence formelle de leur État malgré la disparition de leur territoire, ce qui s’oppose à la définition traditionnelle qu’en donne le droit international. En plus d’avoir porté le sujet à l’ONU et devant la Cour de justice internationale (CIJ), les Tuvalu numérisent intégralement leur territoire et ont signé un accord en 2023 avec l’Australie afin de prévoir l’accueil de réfugiés tuvaluans.

Pour aller plus loin

Sarah Mohamed-Gaillard, Géopolitique de l’Océanie. Décentrer le regard sur les États insulaires du Pacifique, Le Cavalier Bleu, 2026.

Références sonores

Référence musicale


Source:

www.radiofrance.fr

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