Auteur d’une prestation très discrète lors de la première journée, le capitaine de la Seleçao sera scruté de près, mardi contre l’Ouzbékistan, alors que le débat sur son utilité est relancé.
Publié le 23/06/2026 06:00
Mis à jour le 23/06/2026 09:45
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« Cristiano Ronaldo semble écrasé par la pression (…) A ce stade, il est lui-même un problème (…) Mais le Portugal se dirige vers l’abîme en raison de son entêtement à ne pas vouloir voir ce qui est évident ». Les propos du chroniqueur du journal sportif portugais A Bola, Luis Mateus, ont fait des émules mercredi 17 juin. Le débat sur l’utilisation de « CR7 » et sa titularisation dans le onze de Roberto Martinez à l’aube de ce match de la deuxième journée face à l’Ouzbékistan, mardi 23 juin à 19 heures, est plus que jamais d’actualité.
La prestation très terne de la Seleçao pour son entrée en lice à la Coupe du monde face à la République démocratique du Congo (1-1) n’a pas échappé à la presse du pays : « Résultat mauvais, performance horrible » titrait en Une le quotidien de référence Publico. Cristiano est ainsi tout désigné pour être le bouc émissaire.
Le quintuple Ballon d’or, désormais âgé de 41 ans, occupait la pointe de l’attaque pour l’entrée en lice des Portugais dans la compétition. Mais l’ancien joueur du Real Madrid a eu toutes les peines du monde à exister, touchant 25 malheureux ballons pour trois tirs non cadrés sur tout le match, le tout en 90 minutes de temps de jeu. Des statistiques inquiétantes mises en lumière par d’autres chiffres, peut-être davantage significatifs : Ronaldo reste sur 10 matchs internationaux et 33 tirs sans marquer en grande compétition, depuis son seul but sur penalty face au Ghana en ouverture du Mondial 2022 au Qatar, avant une élimination en quarts.
Et dans le pays, cela ressemble à un crève-coeur terrible, à la hauteur du statut d’icône qu’est « CR7 ». Le deuxième joueur le plus âgé du tournoi, qui a rejoint Al-Nassr et le riche championnat saoudien début 2023, est-il encore au niveau, même en ayant muté il y a bien longtemps d’ailier supersonique à numéro 9 peu mobile ?
Son coéquipier Joao Neves a été l’un des premiers à mettre les pieds dans le plat en zone mixte après le match face à la République démocratique du Congo. « Nous savons ce que Cristiano [Ronaldo] a fait dans cette sélection et pour le monde du football. Mais en ce moment, il est un des nôtres. Il n’est pas différent. Il est un joueur en plus pour aider et contribuer à la performance du Portugal comme nous tous. » Une mise au point qui a valu au joueur du PSG, ainsi qu’à sa compagne, des centaines de commentaires insultants sur son dernier post Instagram, appelant à davantage de « respect » pour son capitaine…
« Nous n’avons manqué de rien. C’est le football, le Portugal aurait pu gagner mais aussi perdre », a sobrement analysé le principal intéressé après le match nul inaugural. Consultant chez le diffuseur américain Fox lors de cette Coupe du monde, Thierry Henry s’était, lui, arrêté sur l’impact dans le jeu du mythique numéro sept face à la République démocratique du Congo, en prenant l’exemple de la frappe non cadrée de Ronaldo à la 68e minute.
Francisco Conceicao débordait sur la droite et CR7, au lieu de plonger vers le but en attirant des défenseurs, reculait et se « mettait en travers » de la trajectoire de la passe, destinée à Bruno Fernandes. « Cours et crée de l’espace ! (…) C’est l’équipe qui a besoin de marquer, pas l’individu », taclait le troisième meilleur buteur de l’histoire des Bleus (51 buts).
CR7 serait-il devenu un problème et non plus une solution pour permettre à la Seleçao de franchir un cap, alors que l’ancien joueur de Manchester United ou du Real Madrid compte pour meilleur résultat au Mondial une demi-finale, perdue face à la France lors de sa première participation en 2006 ? Le sélectionneur Roberto Martinez, lui, a un avis bien tranché.
Malgré les critiques, Ronaldo reste un titulaire indiscutable pour celui qui l’a maintenu sur la pelouse jusqu’au coup de sifflet final. « Dans un tel match où nous avons des difficultés à entrer dans la surface, il faut tirer profit de ses qualités. Ça n’aurait aucun sens de sortir le meilleur buteur de l’histoire (143 buts en 226 sélections) lors d’un match où vous avez besoin de marquer, a assuré le technicien. L’expérience de Cristiano dans la surface est importante, comme la façon dont il attire les défenseurs », a ajouté celui qui jugeait le capitaine « irremplaçable » au début du mois auprès de The Athletic.
Avec six Coupes du monde disputées, autant que son meilleur rival Lionel Messi, Cristiano Ronaldo sait que son salut pour soulever le seul trophée manquant à son palmarès ne viendra pas que de lui. Cela tombe bien, il n’a sans doute jamais été aussi bien entouré, avec notamment certains des milieux de terrains les plus impressionnants techniquement (Joao Neves, Vitinha, Bruno Fernandes, Bernardo Silva). Reste à trouver un espace tactique et technique où faire fructifier ses qualités actuelles, sans contrevenir à la marche en avant de son équipe. Le Portugal reste toujours parmi les prétendants dans ce Mondial mais doit se réinventer, avec, ou sans celui qui l’a porté durant tant d’années.
Source:
www.franceinfo.fr

