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L'ancien ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti condamné pour avoir diffamé un magistrat

L’ancien garde des Sceaux avait accusé l’ancien juge d’instruction Edouard Levrault d’avoir violé le secret de l’instruction dans un dossier où lui-même était intervenu en tant qu’avocat.


Publié le 22/06/2026 16:36



Mis à jour le 22/06/2026 17:04

Temps de lecture : 1min

Eric Dupond-Moretti au lycée du Parc Impérial à Nice, le 22 avril 2024, pour le lancement d’un projet d’internat éducatif destiné aux élèves en difficulté. (VALERY HACHE / POOL)

Il a été rattrapé par la justice. Eric Dupond-Moretti a été condamné, lundi 22 juin, à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir diffamé un magistrat, Edouard Levrault, en l’accusant dans son ouvrage J’ai dit oui d’avoir violé le secret de l’instruction. L’ex-garde des Sceaux dispose de dix jours pour faire appel de cette décision du tribunal correctionnel de Paris.

L’ex-garde des Sceaux devra en outre s’acquitter de 4 000 euros de dommages et intérêts, solidairement avec son éditeur Michel Lafon, qui de son côté a été condamné à 500 euros d’amende. Edouard Levrault, qui réclamait 30 000 euros de dommages et intérêts, avait dénoncé à la barre en avril « la malveillance » et « la hargne fielleuse d’Eric Dupond-Moretti ».

Le conflit entre les deux hommes remonte à une affaire mettant en cause un commissaire de police monégasque, alors défendu par l’avocat Dupond-Moretti et instruite par le juge Levrault. Alors que l’enquête restait en cours, le magistrat avait participé à une émission de France 3 dans laquelle il évoquait le dossier : une violation du secret de l’instruction pour Eric Dupond-Moretti, qui avait exigé des sanctions disciplinaires.

A l’audience, l’avocat du magistrat, François Saint-Pierre, avait relevé que l’inspection générale de la justice avait estimé que son client n’avait « pas commis de violation du secret professionnel ou du secret de l’instruction » et que le Conseil supérieur de la magistrature, l’instance disciplinaire de la magistrature, avait considéré qu’Edouard Levrault n’avait « pas dépassé les limites de sa liberté d’expression ».

Pour avoir fait prospérer, une fois ministre, les poursuites administratives à l’encontre d’Edouard Levrault, Eric Dupond-Moretti avait été lui-même renvoyé devant la Cour de justice de la République pour conflit d’intérêts, laquelle l’avait relaxé.


Source:

www.franceinfo.fr

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