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Le vaisseau Pink Floyd : Pink Floyd, les inspirateurs

Dans l’histoire du rock et de la pop music, l’album The Dark Side of the Moon de Pink Floyd figure parmi les albums les mieux vendus à travers le monde. En 2003, trente ans après sa sortie, Alain Dister proposait sur France Culture une série intitulée « Pink Floyd, architectes d’un nouvel espace » pour l’émission « Les chemins de la musique ». Dans le dernier des cinq épisodes, le journaliste et producteur se demandait ce qu’il restait de Pink Floyd trois décennies plus tard, et quels noms pouvaient être rangés dans la catégorie des héritiers du Floyd comme on disait dans les années 1970. L’occasion d’évoquer aussi les tensions entre Roger Waters et David Gilmour qui avaient conduit à l’éclatement du groupe, et de souligner qu’à l’origine, qu’Au commencement de Pink Floyd était le Verbe, celui de Syd Barrett.

Derrière le succès planétaire de The Dark Side of the Moon, vendu à plus de trente millions d’exemplaires, surgissent alors d’importantes tensions au sein du groupe : la fracture semble s’amorcer entre David Gilmour et Roger Waters. Ce dernier quitte Pink Floyd en 1985 et le conflit se poursuit avec virulence dans la presse par interviews interposées. Le groupe mené désormais par David Gilmour continue, « sans trop se soucier de l’ère du temps ni des modes qui passent, des modes qui pourraient justement leur permettre de revenir un jour à la mode. »

Syd Barrett, mythique et éternel

Pour de nombreux fans de la première heure, « rien ne saura jamais remplacer les instants magiques des débuts du Floyd, ceux avec Syd Barrett ». Son personnage inspire notamment dans les années 1980 le look de Robert Smith, leader emblématique de The Cure. « Il est un petit malin qui parvient habilement à faire la part d’un personnage en apparence ténébreux, sans doute très inspiré de Barrett, et un habile manipulateur d’images avec la complicité du vidéaste Tim Pope. Mais alors que l’inspiration de Syd Barrett se situe quelque part entre Isaac Asimov, Tolkien et Mervyn Peake, celle de Robert Smith puise davantage dans la poésie romantique, notamment Percy Bysshe Shelley. »

L’influence sur la musique électronique

Parmi les héritiers du Floyd, Alain Dister évoque la musique électronique allemande des années 1970 avec les groupes Tangerine Dream, Amon Düül ou le musicien Klaus Schulze. Plus récemment, en France, les jeunes adeptes de musique ambient comme Daft Punk ou Air revendiquent aussi certaines influences. Quant à l’esprit exploratoire du Floyd, avide d’espaces nouveaux, il pense au groupe britannique Hawkwind et plus particulièrement à leur album-concept sorti en 1971, In Search of Space, inspiré des sagas de l’écrivain Michael Moorcock.

« Pink Floyd intemporel, reproductible à l’infini, références musicales aussi vitales aujourd’hui que le furent les Rolling Stones hier et Chuck Berry avant-hier, sans doute. Encore faut-il souhaiter que derrière les musiques savamment mises en place avec l’aide des progrès de l’informatique, loin des opérations marketing, continuent de briller des génies de la trempe de Syd Barrett, indifférent au monde, mais seul capable de nous emporter sur les ailes du rêve. »

Programmation musicale : Extraits de The Happiest Days of Our Lives, The Final Cut, Yet Another Movie de Pink Floyd, Sexy Boy de Air, A Forest de The Cure, Dirge de Death In Vegas, Baby Lemonade et Effervescing Elephant de Syd Barrett (enregistrés à la BBC pour l’émission de John Peel).

Production : Alain DisterRéalisation : Jean-Philippe NavarreLes chemins de la musique – Pink Floyd, architectes d’un nouvel espace 5/5 : L’héritage (1ère diffusion : 10/10/2003)Édition web : Amélie Potier, Documentation de Radio FranceArchive Ina-Radio France


Source:

www.radiofrance.fr

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