
L’ancien Premier ministre François Bayrou, était l’invité de « Tout est politique » sur Franceinfo ce dimanche 21 juin. Il est notamment revenu sur la canicule qui touche la France et a présenté son nouveau livre : « Alerte sur la France qui vient ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Franceinfo : 43 degrés à Bordeaux demain, épisode de canicule historique, une Fête de la Musique, à haut risque ce soir. Estimez-vous que le gouvernement a les choses en main, que les pouvoirs publics, les maires de notre pays, prennent les bonnes décisions ?
François Bayrou : Tous font ce qu’ils peuvent, parce que ce sont des circonstances largement inédites pour une partie. Et après, j’écoutais votre débat précédent avec le proviseur du lycée Carnot. C’était intéressant, parce que ce qu’il questionnait, à juste titre, c’est comment se prépare-t-on sur le long terme ? Là, dans les jours qui viennent, on va faire ce qu’on peut. Moi, je suis effaré. J’ai vu tout le débat sur « Faut pas faire de la climatisation. » Il faut ! On peut, et c’est pas cher, à condition de se tourner vers les solutions techniques qui existent. Et la solution technique principale, c’est la géothermie.
Nous avons, sous nos pieds, nous sommes debout sur un formidable appareil à faire de la chaleur l’hiver et du froid l’été. Et on ne s’en sert pas. Partout. On creuse le sol, on a des pompes à chaleur qui peuvent l’hiver fournir de la chaleur, et l’été on enfouit la chaleur dans le sol. Technologiquement, c’est complètement au point.
Et écologiquement ?
Et écologiquement, c’est complètement au point, c’est absolument gratuit et absolument éternel.
Alors, pourquoi on ne le fait pas avant ? Quand on regarde les budgets récents sur la décarbonation, la transition, l’adaptation, ça, c’est l’intérêt général, vous en conviendrez. Pourquoi l’écologie est devenue la variable d’ajustement ?
J’étais commissaire au plan, et j’ai sorti le très grand rapport sur la géothermie comme le grand rapport sur l’électricité nucléaire, qui traite en réalité de la même question : comment produire sans nuisance pour l’atmosphère, le climat et la planète. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en traite dans le livre. Il y a un chapitre sur ce sujet. Il y a un très grand doute des écologistes sur la science et la technique. Ils considèrent que la science et la technique, c’est un moyen d’éviter le problème. Et en réalité, ce qu’ils défendent, je crois, je crains, c’est quelque chose comme la décroissance. On va revenir en arrière. Il n’y a pas de solution sur la décroissance.
Et donc ces phénomènes qui sont des phénomènes de très long terme, qui sont des phénomènes de décennies, de siècles, et certains diront sans doute à juste titre de millénaires, ces phénomènes-là, il faut les prévoir et investir. Ce que je défends, la géothermie, ça n’est pas cher. Ça n’est pas cher, il suffit d’étaler dans le temps cet investissement qui vous permet d’avoir de la chaleur l’hiver et de la fraîcheur l’été gratuitement. Je vous donne simplement le chiffre des économies. La géothermie, ça produit de la chaleur quand on a besoin à l’hiver avec 80 % d’économies par rapport à la chaleur électrique normale. La climatisation, c’est 90 % d’économie. Et ce qu’on appelle le rafraîchissement, c’est-à-dire la température ambiante, au moins 8 degrés, c’est 98 % d’économie.
La solution est au débat public. On verra s’il s’en empare, puisqu’on est en présidentielle, en campagne. Je voudrais qu’on vienne à votre livre. Il est clairement dans la continuité de l’alerte que vous aviez sonnée à Matignon : « Notre pays joue sa peau », écrivez-vous. « La tempête vient, le navire n’est pas en état de l’affronter et personne ne propose de s’occuper du bateau. » Ce qui vient, c’est quoi précisément ?
Ce qui vient, c’est extrêmement simple. C’est la confiscation de tout ce que nous créons, du travail que nous allons faire, des moyens que nous pourrions avoir, la confiscation pour payer la dette que nous avons laissée grandir inconsidérément. Je résume ça très simplement. Il y a 50 ans que nous n’avons pas voté un budget en équilibre. 50 ans. Donc tout le monde est responsable. Tous les gouvernements successifs et toutes les inspirations successives.
Donc, on a un déficit tous les ans. La question est interessante, parce que c’est la première fois qu’un livre explique le mécanisme, et il est, je crois, absolument clair une fois qu’on l’a découvert. Donc, budget en déficit, le déficit, ce n’est pas du déficit, c’est de la dette. Vous empruntez le déficit. Et l’État, à la différence des particuliers et des entreprises, l’État n’a jamais remboursé un euro de la dette. Vous entendez ça ? On a 3 500 milliards de dettes, 3 500 fois 1 000 millions de dettes. On n’a jamais remboursé un euro. Mais les intérêts, eux, ils augmentent.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité
Source:
www.franceinfo.fr


