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Au cœur des villages, le salon des écrivains nomades rassemble lecteurs et livres

Le Salon du livre Nomade est né d’un besoin très concret : remettre les livres et ceux qui les écrivent au centre de villages où les occasions de les rencontrer se raréfient. « Nous sommes un collectif d’écrivaines qui, au lendemain du confinement de 2020, avons décidé de créer des évènements littéraires dans les villages afin que renaissent le partage, la découverte, la curiosité littéraire, l’échange autour des livres », explique Lysiane Rolland à ActuaLitté.

Né à Lugaignac, en Gironde, le rendez-vous est devenu une manifestation accueillie au fil des propositions locales. Sandrine Biyi en retrace la genèse en termes directs : « Ce qui n’était qu’une idée est devenu un concept. Lysiane et moi avons fait le constat que le salon du livre Nomade n’existe pas. Alors nous l’avons créé, c’est tout ! »

Le premier accueil, rappelle-t-elle, est venu de la mairie de Lugaignac. Rencontres, lectures et dédicaces constituent depuis l’ossature de ce rendez-vous conçu à échelle locale.

Faire route avec les lecteurs

L’itinérance relève d’un choix d’accès à la culture. « Notre premier vœu pour ce salon a été qu’il soit Nomade afin de proposer, promouvoir la culture en milieu rural », poursuit Lysiane Rolland. Le Salon change donc de commune selon les invitations, dans chaque commune hôte, avec une forme volontairement souple. « C’est un salon annuel, dont l’itinérance se décide en fonction des propositions sur le territoire », précise Sandrine Biyi.

Cette mobilité répond, selon les organisatrices, à l’éloignement des lieux de vente et de prescription. « À l’heure où tant de librairies souffrent, proposer un salon du livre itinérant est plus que jamais nécessaire », affirme Lysiane Rolland. Le temps d’une journée, la manifestation met à portée de main une conversation autour d’un texte, un conseil et la possibilité de découvrir un auteur hors des circuits de recommandation les plus visibles.

« Les auteurs ont besoin de leurs lecteurs et vice versa, d’où ce concept », ajoute-t-elle. À travers les dédicaces, les lectures et les discussions, le Salon Nomade cherche ainsi à rompre avec la solitude de l’écriture autant qu’avec celle d’une lecture réduite au seul achat à distance.

Des voix sans frontière de genre ni de parcours

Le collectif affirme une autre ligne : ouvrir ses tables à des écrivains dont les trajectoires diffèrent. Lysiane Rolland en formule ainsi l’objectif : « Notre second vœu fut de diversifier les écrivains. » Les auteurs autoédités comme les écrivains au premier ouvrage figurent dans cette attention. « Nous tendons la main à celles et ceux qui entrent en écriture », précise-t-elle.

Cette règle donne au salon sa physionomie. Poètes, conteurs, romanciers historiques, auteurs de polars, de fantasy ou de romance y trouvent place, de même que la langue occitane. La diversité des genres se double d’une diversité de statuts éditoriaux : le premier livre peut côtoyer une œuvre déjà longue, et l’autoédition rejoindre les circuits plus classiques.

Les organisatrices y attachent une vigilance revendiquée : « Pour cela nous faisons fi du côté mercantile des modes et des mouvances, conscientes que l’on ne peut se nommer de La Table Ronde sans porter haut nos valeurs. Nous sommes très vigilantes. » La langue occitane s’inscrit aussi dans cette diversité : « Nous n’oublions jamais la langue occitane, qui est représentée. »

Le cercle demeure ouvert. « Il est mouvant et nous ouvrons régulièrement le cercle pour inviter des autrices ou auteurs », souligne Lysiane Rolland. À cette circulation des livres répond une circulation des voix : le Salon privilégie un espace d’accueil pour des parcours et des écritures qui ne disposent pas tous des mêmes relais.

Une halte à La Sauve-Majeure

L’édition du 14 juin 2026, organisée à la Maison des Vins de l’Entre-deux-Mers, à La Sauve-Majeure, a offert une nouvelle étape à ce parcours. Dans l’ancienne grange dîmière qui jouxte l’abbaye, le programme associait rencontres avec les auteurs, intervention de Lysiane Rolland dans le jardin médiéval, exposition de lithographies de Léo Drouyn et dégustation des vins de l’Entre-deux-Mers avec Stéphane Defraine, du château Fontenille.

Frany Jane Cavalier, Caroline Crochet, Gilles Gourgousse, Laure Lapègue, Mathilde Levasseur, Claire Massart, Sarah Chesnay Moizant, Judith Rapet, Guy Rechenmann, Lysiane et Alain Rolland, William Théviot et Sandrine Biyi figuraient parmi les auteurs annoncés. Les associations CLEM, L’Auseron, Mémoires et Patrimoine et les Amis de l’abbaye de La Sauve-Majeure devaient également participer, avec les éditions du patrimoine du Centre des monuments nationaux.

Le bilan de l’édition est des plus réjouissants, nous assure Sandrine Biyi : « Le lieu somptueux a été l’écrin parfait. Le salon s’est terminé par des chants de Nadau en chœur avec tous les auteurs, c’était chouette ! Nous les avons reçus, cette fois, avec une auberge espagnole sous les arbres et le vin du château Fontenille de La Sauve a été très apprécié. Nous avons eu la visite de la sénatrice, madame Harribey. Un salon très réussi avec des auteurs heureux. »

Des auteurs heureux, que demander de mieux ?

Crédits photos : Le cercle des écrivains de la Table ronde

Par Nicolas GaryContact : ng@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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