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67% des apprentis font des heures supplémentaires, mais ces dernières ne sont pas systématiquement compensées

Heures supplémentaires, horaires atypiques, pénibilité physique : les jeunes en contrat d’apprentissage ne sont pas ménagés, selon une étude du ministère du Travail.


Publié le 21/06/2026 10:00

Temps de lecture : 2min

Dans les métiers de bouche, 35% des apprentis font régulièrement des heures supplémentaires. Un quart d’entre eux ne reçoivent pas de compensation, selon l’étude de la Dares. (Peter M. Fisher / The Image Bank RF / GETTY IMAGES)

Précisons-le d’emblée : les données analysées par le ministère du travail sont un peu anciennes. Elles remontent aux deux années avant la crise covid. À l’époque, 8000 jeunes qui entraient pour la première fois en apprentissage avaient été sondés sur leurs conditions de travail, au cours de leur première, puis de leur deuxième année de contrat. Ils suivaient des formations de niveau CAP à Bac + 2. Celles tournées vers une activité productive, comme le bâtiment, la mécanique, l’industrie, l’agriculture ou les métiers de bouche concentraient deux tiers des apprentis mineurs.

D’après les résultats, 67% des apprentis déclarent faire des heures supplémentaires. On ne sait pas combien précisément, mais parmi ces jeunes, la moitié en fait occasionnellement ou régulièrement. Dont 28% souvent ou très souvent, notamment dans l’agriculture, dans le bâtiment et les métiers de bouche. Les heures supplémentaires ne sont pas interdites pour les apprentis, rappelle le ministère, mais elles sont très encadrées pour les mineurs. Ils peuvent en faire exceptionnellement, avec l’accord de l’inspection du travail, sauf dérogations particulières. L’étude révèle aussi que les heures supplémentaires ne sont pas systématiquement compensées en salaire ou en temps de repos. Pour 41% des apprentis, c’est « parfois ou jamais ». Ce qui est illégal. Par ailleurs, deux tiers des apprentis travaillent régulièrement ou ponctuellement sur un créneau horaire atypique : avant 7 heures le matin, après 20 h le soir, le samedi ou le dimanche. Quand leurs horaires varient, un tiers est prévenu le jour même ou la veille. Enfin, 8 apprentis sur 10 sont soumis à de la pénibilité physique. Ils sont principalement exposés aux fumées, à la poussière et aux températures élevées.

Ces données ont été collectées il y a 7 ans, la situation a-t-elle évolué depuis ? On ne le sait pas car l’enquête n’a pas été renouvelée depuis. C’est bien dommage selon le président de l’association des apprentis de France, car entre-temps, le nombre de contrats d’apprentissage a explosé. Selon Baptiste Martin, « les jeunes remontent régulièrement des difficultés concernant leurs conditions de travail sur le tchat de l’association « SOS apprentis », mais l’étude du ministère permet pour la première fois de quantifier le nombre d’apprentis qui, par exemple font des heures supplémentaires et qui ne sont pas payés ». Des sujets, dit-il, dont devraient s’emparer les députés à l’origine de la proposition de loi pour renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle et dont l’examen à l’Assemblée nationale a été reporté.


Source:

www.franceinfo.fr

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