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Après quatre ans de guerre, les premiers soldats ukrainiens s'apprêtent enfin à être démobilisés

Depuis le début de l’invasion russe en 2022, des milliers de soldats ukrainiens sont engagés sans interruption sur le front. Mais une évolution majeure pourrait intervenir dès cette année: certains d’entre eux pourraient bientôt être autorisés à retourner à la vie civile, même si la guerre se poursuit, nous apprend Business Insider.

Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a annoncé que Kiev envisage de démobiliser progressivement les soldats les plus anciens à partir de l’automne 2026. Cette décision marquerait un tournant important dans la gestion du conflit, alors que jusque-là, toute perspective de retour dépendait d’un cessez-le-feu.

Deux critères principaux devraient encadrer ces départs: la durée totale de service militaire et le nombre de jours passés au combat. Les soldats engagés depuis 2014, c’est-à-dire depuis le début du conflit dans l’est de l’Ukraine, seraient également pris en compte dans ce calcul.

Depuis février 2022, l’Ukraine a mobilisé massivement sa population masculine en âge de combattre. Certains militaires, engagés dès les premiers mois de l’invasion, cumulent désormais plus de quatre années de combats quasi ininterrompus, avec très peu de permissions pour rentrer chez eux.

Sous le régime de la loi martiale, les règles habituelles de démobilisation ont été suspendues, contraignant de facto les soldats à servir pour une durée indéterminée. Cette situation a nourri un mécontentement croissant au sein des troupes, devenant aussi un sujet sensible sur le plan politique.

Une situation épineuse pour Kiev

Le gouvernement ukrainien se trouve toutefois face à un dilemme. D’un côté, l’usure des soldats rend nécessaire l’ouverture de perspectives de retour. De l’autre, l’armée peine déjà à maintenir ses effectifs et à recruter de nouveaux combattants, ce qui limite sa capacité à libérer des troupes expérimentées. Une tentative parlementaire visant à instaurer une démobilisation automatique après trois ans de service avait été abandonnée en 2024, suscitant une forte impopularité.

Aujourd’hui, les autorités privilégient une approche progressive, avec des vagues de départs mensuelles, ajustées en fonction de la situation militaire. Le rythme de ces démobilisations dépendra notamment de l’évolution du front et des décisions de la Russie, qui pourrait relancer une mobilisation massive. Moscou avait déjà appelé environ 300.000 réservistes en 2022, une mesure controversée qu’elle hésite à reproduire.

Parallèlement, le ministère de la Défense tente de réformer en profondeur l’organisation militaire. De nouveaux contrats ont été introduits, offrant de meilleures rémunérations, des rôles plus clairement définis et des échéances de service plus lisibles, afin de rendre l’engagement moins incertain.

Fedorov a également assuré que les soldats signant ces nouveaux contrats ne seraient pas pénalisés: s’ils remplissent ultérieurement les conditions de démobilisation, ils pourront quitter l’armée en priorité. Après plus de 1.500 jours de guerre, cette perspective représente un espoir concret pour des milliers de combattants épuisés.


Source:

www.slate.fr

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