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Étienne Klein écarté de France Culture après le retrait de son doctorat

Dans sa réponse aux auditeurs interrogeant la chaîne sur le maintien à l’antenne du scientifique, la direction de France Culture rappelle porter « une attention forte aux enjeux de protection du droit d’auteur », une exigence qu’elle juge « d’autant plus cruciale dans un moment où l’intelligence artificielle bouleverse profondément l’écosystème des savoirs, de leur production et de leur diffusion ».

La décision est ensuite formulée sans détour : « Compte tenu des récents éléments portés à notre connaissance, nous avons pris la décision de ne pas reconduire La Conversation scientifique d’Étienne Klein à la rentrée prochaine. » France Culture ajoute toutefois vouloir « saluer son apport » à l’antenne « en matière de vulgarisation scientifique ».

Cette prise de position intervient après plusieurs interpellations d’auditeurs, qui jugeaient difficile de dissocier la présence radiophonique d’Étienne Klein de la sanction universitaire. Des messages insistaient sur l’exemplarité attendue d’une antenne de service public consacrée aux savoirs. « Le plagiat y est une faute déontologique majeure », écrit un auditeur se présentant comme un « scientifique ordinaire, exerçant en université ».

Un autre estimait qu’il serait difficilement compréhensible que « les décisions récentes quant à la qualité de ses productions ne soient pas suivies d’effets sur l’antenne de France Culture ».

Étienne Klein a, de son côté, réagi sur X à l’arrêt de l’émission. « Le moment est donc venu pour moi de remercier du fond du cœur les auditrices et les auditeurs pour leur longue fidélité. Faire cette émission a été d’une part un grand honneur, d’autre part un colossal plaisir hebdomadaire. »

Une affaire partie de la thèse

La décision de France Culture prolonge une séquence ouverte par les accusations de plagiat visant la thèse de doctorat d’Étienne Klein, soutenue en 1999 à l’Université Paris-Diderot, devenue depuis Université Paris Cité. Cette thèse avait ensuite été publiée aux Presses universitaires de France sous le titre L’Unité de la physique.

Après une enquête journalistique d’Arrêt sur images, l’université avait ouvert une instruction. Au terme de cette procédure, l’établissement a retiré à Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences et lui a interdit de se réinscrire en doctorat. 

Les passages mis en cause concernaient des emprunts non signalés à de nombreux auteurs, dans des proportions que l’enquête universitaire aurait ensuite élargies par rapport aux premiers constats. Les accusations portaient aussi bien sur des phrases isolées que sur des paragraphes ou des pages repris sans guillemets ni attribution claire.

L’affaire ne surgissait pas entièrement sans précédent. Dès 2016, Étienne Klein avait été mis en cause après des révélations de L’Express sur des passages repris sans attribution explicite dans Le Pays qu’habitait Albert Einstein, ainsi que dans certaines chroniques. Il avait alors reconnu des « emprunts », expliquant avoir intégré à ses textes des notes de lecture dont il avait pu oublier l’origine.

En 2024, après de nouvelles révélations autour de sa thèse, il avait reconnu avoir « enfreint certaines règles », présenté ses excuses et assuré avoir modifié ses pratiques.

Dans une longue prise de parole récemment publiée sur X, le physicien avait mêlé regrets, justification et critique de ce qu’il percevait comme une focalisation excessive sur les guillemets oubliés. Il y affirmait notamment : « J’assume pleinement ce que j’ai fait », tout en expliquant qu’il considérait alors agir « comme il fallait faire ». Il renvoyait aussi le débat vers l’intelligence artificielle générative et la transformation de la notion d’auteur à l’heure de ChatGPT.

Crédits photo : Étienne Klein (Yves Tennevin, CC BY-SA 2.0)

DOSSIER – La Bibliothèque nationale de France (BnF)

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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