
On parle beaucoup de Patrick Bruel dans l’actualité depuis les nouvelles accusations révélées ces derniers jours. Une ancienne fan du chanteur a décidé de déposer plainte à son tour, quelques jours après les révélations de Mediapart.
L’artiste de 67 ans, qui conteste fermement les faits qui lui sont reprochés et bénéficie de la présomption d’innocence, se retrouve à nouveau au cœur de l’attention médiatique. Bien avant cette affaire, le chanteur s’était déjà exprimé publiquement sur le rapport parfois complexe qu’il entretenait avec certaines admiratrices.
En septembre 2002, deux ans avant son mariage avec Amanda Sthers, il réglait même quelques comptes sur le plateau de On ne peut pas plaire à tout le monde.
« L’hystérie », un mot qu’il n’a jamais aimé
Au début des années 1990, la Bruelmania est un phénomène inédit en France. Des milliers de jeunes femmes assistent à ses concerts, écrivent des lettres et suivent chacune de ses apparitions. Une ferveur qui fait alors régulièrement la une des médias.
Invité par Marc-Olivier Fogiel en septembre 2002, Patrick Bruel revient sur cette période. Lorsque l’animateur évoque les crises d’hystérie provoquées par le chanteur, ce dernier nuance immédiatement. « Le mot est un peu fort », répond-il.
L’artiste estime que le terme est excessif et surtout réducteur. Pour lui, il ne reflète pas ce qu’il a réellement observé chez son public. « C’est un terme pathologique très très violent pour définir l’enthousiasme », affirme-t-il. « Je trouve que ça a toujours été un mot un peu fort. »
Patrick Bruel préfère retenir ce que cette popularité lui a apporté. Il évoque notamment les milliers de lettres reçues au fil des années. « Il y avait des choses magnifiques dans les lettres », explique-t-il.
Certaines lui restent particulièrement en mémoire. Il raconte comment certaines chansons ont pu accompagner des personnes dans des périodes difficiles. « Une chanson a pu donner de la chaleur, un moment de réconfort, aider quelqu’un dans un parcours difficile », souligne-t-il.
Les admiratrices devant chez lui ? « Ce n’était pas les plus sympas »
La discussion prend ensuite une tournure plus personnelle lorsque Marc-Olivier Fogiel aborde les admiratrices qui attendaient régulièrement devant son domicile.
« Il y avait quand même des filles qui venaient en bas de chez vous ? », lui demande-t-il. Patrick Bruel confirme immédiatement. « Ah oui, à l’époque oui, c’était un peu complexe », reconnaît-il.
Lorsque Fogiel parle de personnes obsessionnelles ou excessives (il dit « cinglées » et « pathologiques »), le chanteur se montre particulièrement direct. Il tient à distinguer les fans respectueux de ceux qui franchissaient certaines limites. « Ce n’était pas les gens les plus sympas », lâche-t-il.
Puis il insiste : « Les gens qui sont venus en bas de chez moi n’ont jamais été des gens très sympas. » Une remarque qui surprend sur le plateau. Car dans l’imaginaire collectif, ces admiratrices sont souvent perçues comme des fans passionnées. Patrick Bruel, lui, explique que ces intrusions dans sa vie privée étaient loin d’être agréables.
Marc-Olivier Fogiel pousse alors la provocation un peu plus loin et lui demande s’il lui arrivait de faire monter certaines d’entre elles. Le chanteur reste calme. « Non mais non en l’occurrence », répond-il simplement.
Quelques secondes plus tard, l’animateur plaisante en lançant : « C’était que des thons alors ? » La salle éclate de rire. Patrick Bruel refuse toutefois d’entrer dans ce terrain-là. « Non, mais je me suis accordé un certain devoir de réserve très souvent », conclut-il.
Le traumatisme durable de la Bruelmania
Au-delà des admiratrices, c’est surtout le traitement médiatique du phénomène qui semble avoir profondément marqué Patrick Bruel.
Durant des années, son prénom est caricaturé dans les émissions de télévision et les sketches humoristiques. Les fameux « Patriiiick » criés en imitant ses fans deviennent un passage obligé dès qu’il est question du chanteur.
Avec le recul, l’artiste explique avoir très mal vécu cette période. « Ce qui saoule, c’est la projection de ça », confie-t-il. Selon lui, cette caricature dépassait largement le simple humour. « C’est l’utilisation médiatique, c’est le rapport pervers de ça », estime-t-il.
Patrick Bruel va même plus loin. Il considère que ces moqueries visaient indirectement son public. « Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est de se moquer du public qui aime ? », interroge-t-il.
Plus de dix ans après les débuts de la Bruelmania, le chanteur admet que cette période a laissé des traces. « Ça a laissé chez moi un vrai traumatisme », révèle-t-il. À tel point qu’il ne supporte toujours pas d’entendre cette imitation.
« Je ne peux pas supporter de l’entendre », affirme-t-il. Même lorsque la plaisanterie vient de proches. « Même de la part d’amis, même de copains », précise-t-il. Lorsque Marc-Olivier Fogiel lui rappelle avoir lui-même utilisé cette imitation quelques minutes plus tôt, Patrick Bruel répond avec franchise : « Vous, tout à l’heure, vous l’avez fait. Ça m’a gonflé. »
Une confession rare qui montre à quel point cette image de chanteur adulé a parfois pesé sur ses épaules. Derrière le phénomène populaire, Patrick Bruel décrivait déjà un rapport beaucoup plus ambivalent à une célébrité qui a marqué toute une génération.
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