Le sucre, tout le monde le sait, c’est mauvais pour la santé. Pourtant, malgré les mises en garde, nombreux sont ceux qui continuent à en ingurgiter sans vraiment faire attention, nous les premiers. Et pour cause, le sucre est partout dans notre alimentation: des fruits aux sodas, en passant par les produits transformés, les biscuits et les sauces. Faut-il pour autant considérer tous ces aliments de la même manière?
Commençons par poser de bonnes bases. Qu’est-ce que le sucre exactement? Dans le langage courant, le sucre renvoie au saccharose, extrait de la canne à sucre ou de la betterave. Le même que l’on verse dans son café le matin. Scientifiquement pourtant, il s’agit d’un terme générique désignant plusieurs glucides simples, qui apparaissent naturellement dans les fruits et légumes (fructose, glucose, saccharose), les produits laitiers (lactose) et les céréales maltées (maltose).
À en croire The Guardian, qui a interrogé une éminente chercheuse, ces sucres naturels intégrés à des aliments complets ne posent pas de problème particulier. Il faut en fait distinguer les sucres naturellement présents des sucres dits «libres», qui sont ajoutés par les industriels (ou les consommateurs). Ceux-ci se retrouvent dans les sodas, les pâtisseries, les céréales du petit-déjeuner, les yaourts aromatisés, les jus de fruits ou encore les sauces industrielles. Bref, un peu partout.
Sucre «libre», prison de douceur
Le problème, c’est que ces derniers s’accumulent rapidement sans apport nutritionnel significatif. L’OMS recommande de ne pas dépasser 5 à 10% des apports énergétiques quotidiens. D’autres chercheurs conseillent une limite d’environ 30 grammes de sucres libres par jour. Regardez les étiquettes de vos gâteaux favoris, vous allez voir le problème.
Le sucre dit libre se cache en fait dans de nombreux produits, avec des noms différents: sirops, nectars, concentrés de jus, ainsi que toutes les appellations se terminant en «ose». De quoi rapidement faire basculer tout un garde-manger dans la catégorie des aliments mauvais pour la santé, y compris ceux indiquant «sans sucres ajoutés».
Qu’en est-il du miel, du sirop d’agave ou d’érable? C’est du pareil au même, selon le média britannique. Ils contiennent des traces de vitamines ou de minéraux, dans des quantités faibles, et sont traités de la même manière par le corps.
Santé, humeur, addiction
Le sucre dit libre est associé à une ribambelle de problèmes de santé: caries dentaires, surpoids, obésité, risques cardiovasculaires, hypertension, stéatose hépatique, etc. Certains avancent même qu’il fait partie des facteurs de risque de certains cancers.
Selon plusieurs recherches, le sucre peut avoir un impact sur le cerveau. Une consommation excessive chronique pourrait influencer la mémoire, la concentration et l’humeur, et également favoriser l’anxiété, la dépression ou certains troubles du comportement. Ces mécanismes restent toutefois encore en cours d’étude.
Même s’il reste particulièrement difficile de ne pas reprendre un dernier bout de chocolat (avant de terminer la tablette), le sucre n’est pas considéré comme une substance addictive au sens strict, contrairement à la nicotine. Certains comportements compulsifs existent, comme le grignotage ou les envies irrépressibles, souvent renforcés par des mécanismes biologiques (dopamine, régulation de la satiété) ou culturels (récompenses alimentaires, fêtes, habitudes sociales).
Les scientifiques s’accordent sur un point: il est difficile d’éliminer totalement le sucre. Le mieux reste donc de réduire progressivement les apports. Comment? En remplaçant les sodas par de l’eau pétillante, en privilégiant les fruits entiers plutôt que les jus, en choisissant des yaourts nature plutôt qu’aromatisés, ou encore en devenant spécialiste des étiquettes (on rigole, mais les lire et les déchiffrer est déjà un bon début).
Que faut-il en conclure? Que le sucre n’est pas anodin. Plutôt que de le supprimer totalement, le mieux est de réduire progressivement les sucres libres, afin de réapprendre à apprécier les goûts moins sucrés et les aliments bruts. En prison, le sucre libre.
Source:
www.slate.fr


