Le projet de loi du gouvernement pour autoriser boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er-Mai revient devant le Sénat mardi 16 juin. Les syndicats sont vent debout contre le texte.
Publié le 16/06/2026 08:27
Mis à jour le 16/06/2026 12:07
Temps de lecture : 2min
La question du travail le 1er-Mai revient dans le débat public. Le Sénat doit examiner mardi 16 juin le projet de loi visant à autoriser les fleuristes et boulangers d’ouvrir leurs commerces avec leurs salariés ce jour-là. Cette mesure cristallise toutes les tensions. Dénoncée par la gauche et les syndicats, elle est portée notamment par le gouvernement qui veut changer les règles en passant, dit-il, par la négociation de branche. Pourtant les principales organisations syndicales de la boulangerie artisanale sont opposées au travail des salariés le 1er-Mai.
« Dans un communiqué, la FNAF-CGT se dit « viscéralement attachée au 1er mai, à son histoire » : « Nous n’accepterons jamais de le brader, nous ne laisserons personne nous voler notre 1er mai », s’insurge la fédération.
« C’est un scandale », martèle la fédération boulangerie de la CGT qui refuse de toucher à ce seul jour férié et chômé. « C’est une brèche qui est ouverte, affirme Thomas Vacheron, du bureau confédéral de la centrale. C’est un recul social qui va contraindre les salariés à travailler le 1er-Mai. »
D’autant que le texte ne concerne pas seulement les petites boulangeries : si le projet de loi fait mention dans son titre des « boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes », il évoque les commerces de moins de 11 salariés et ceux qui emploient entre 11 et 250 salariés. « Aujourd’hui, le projet de loi parle d’entreprises allant jusqu’à 250 salariés. On très loin de l’artisan-boulanger ou du commerce de proximité. Ca va favoriser les grandes enseignes et les grands groupes. »
La crainte des organisations syndicales est donc de voir disparaître cette journée symbolique. « Il y a la volonté de banaliser cette journée et d’en faire une journée commerciale, un jour comme un autre », analyse Alexandre Dubois, secrétaire général de la CFDT Agri-Agro. Le gouvernement insiste : le travail le 1er-Mai se fera sur la base du volontariat, avec une rémunération double mais cela ne convainc pas le syndicaliste.
« Les salariés commencent souvent tôt le matin, ils travaillent déjà le weekend, ils ont des horaires décalés, leurs salaires sont souvent très proches du SMIC, énumère-t-il. Les gains de pouvoir d’achat ne doivent pas se faire au prix d’un recul des droits sociaux. »
D’après les organisations syndicales, l’urgence pour les salariés de la boulangerie artisanale n’est pas de travailler le 1er-Mai mais d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail. La CGT organise un rassemblement mardi 16 juin à 13h30 devant le Sénat.
Source:
www.franceinfo.fr


