AccueilOpinionBonne nouvelle: nous...

Bonne nouvelle: nous avons encore du temps avant que le Soleil ne mette fin à la vie sur Terre

Publiée
fin mai dans le Journal of Geophysical Research Atmospheres, l’étude des
chercheurs Jacob Haqq-Misra, de l’institut de recherche américain Blue Marble
Space, et Eric Wolf, de l’université du Colorado, s’attaque à une question pour
le moins étonnante. «Combien de temps la vie sur Terre va-t-elle perdurer?», est-il écrit dans l’introduction de l’article. La
réponse a de quoi rassurer les plus anxieux, car l’échéance dépasse le milliard d’années.

La science sait depuis longtemps que le Soleil n’est pas un
astre immuable. D’ici plusieurs milliards d’années, il va évoluer en une géante
rouge qui pourrait engloutir la Terre, dans une immense fournaise cosmique. Mais
une question taraude les astronomes: bien avant cette fin
spectaculaire, à partir de quand les espèces vivantes de notre planète seront-elles…
cuites?

Cette énigme a fait l’objet de nombreuses modélisations au
cours des dernières décennies, rappelle un article du média américain Ars Technica. Sur Terre, plusieurs mécanismes de rétroaction contribuent
à stabiliser le climat. L’altération des roches, par exemple, dépend entre
autres de la température. Plus le thermomètre chauffe, plus les réactions physico-chimiques
qui affectent les roches se modifient et extraient davantage de CO2 de l’atmosphère.

La nouvelle étude s’appuie sur un modèle 3D et explore deux
scénarios placés aux extrémités du champ des possibles. Dans le premier scénario,
les chercheurs ont supposé que la température terrestre reste constante tandis
que les concentrations de CO2 diminuent pour compenser l’intensité solaire. Autrement
dit, un monde où l’altération des roches agit comme un thermostat parfait. Dans
le second scénario, la concentration de CO2 demeure stable, tandis que la
température augmente.

+21°C d’ici 1,5 milliard d’années

Les résultats sont sans équivoque. Avec une faible érosion, la température mondiale augmenterait
d’environ 21°C dans 1,5 milliard d’années, puis gagnerait jusqu’à 40°C supplémentaires
au cours des 500 millions d’années suivantes. Même avec un taux de CO2
constant, ces températures anéantiraient les plantes terrestres.

Dans le premier scénario, après un milliard d’années, la concentration
atmosphérique de CO2 tomberait à environ 34 parties par million
(ppm), soit 34 molécules de CO2 pour un million de molécules d’air. À titre de
comparaison, la concentration moyenne de CO2 à l’échelle mondiale était de 422,8
ppm en 2024. La plupart des végétaux ne survivent plus lorsque ce taux descend
en dessous de 150 ppm.

Bien sûr, ces projections restent tributaires de nombreux
paramètres encore difficiles à anticiper. Parmi eux figure la diffusion d’aérosols
dans la stratosphère pour réfléchir la lumière du soleil, une solution valorisée
par la géo-ingénierie.

Finalement, l’intérêt de modéliser la fin de la vie sur Terre
dépasse largement la simple curiosité pour le sort du monde. Ces travaux
permettent d’ouvrir les perspectives sur le temps au cours duquel une planète
peut rester habitable et, par extension, où il pourrait être pertinent de
chercher d’autres formes de vie dans l’Univers. La durée de vie biologique
sur notre planète bleue constitue ainsi un précieux point de référence pour la chasse aux
mondes habitables au-delà du système solaire.


Source:

www.slate.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img