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1776, l’indépendance de treize États unis : 1776, la Grande-Bretagne et le syndrome des colons irrités

Depuis sa Glorieuse Révolution à la fin du 17ᵉ siècle, l’Angleterre se félicite de sa constitution et de l’équilibre des pouvoirs établis. Elle s’unit à l’Écosse par l’acte d’Union de 1707 et devient la Grande-Bretagne. Les Écossais forgent une identité britannico-écossaise qui repose sur la loyauté à la Couronne des Hanovre. Leur minime représentation au Parlement de Westminster ne pose pas de problème à l’Écosse, acquise à l’idée de souveraineté parlementaire.

De l’autre côté de l’Atlantique, les Treize colonies refusent d’être taxées sans être représentées à Londres. Malgré la présence d’agents coloniaux dans la capitale anglaise, tel que Benjamin Franklin, pour défendre les intérêts des colonies britanniques en Amérique, elles refusent de participer à la fiscalité impériale et réclament leur indépendance.

La Grande-Bretagne protège son empire

La guerre dite d’indépendance des États-Unis éclate en avril 1775. Les Britanniques qui croient à une révolte fiscale ne conscientisent pas la gravité de la révolution.

Des militaires présents sur le continent américain depuis la Boston Tea Party de 1773 interviennent, rejoints par des soldats anglais et écossais. Ils espèrent que l’occupation de Philadelphie mettra fin à la guerre, mais celle-ci s’internationalise avec l’entrée de la France et de l’Espagne dans le conflit.

(Dés)unions, la couronne anglaise chamboulée

La révolution de 1776 conforte l’Écosse dans son union avec l’Angleterre et renforce la britannicité de sa population. De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’île verte s’identifie à la cause américaine. En 1782, plusieurs dizaines de milliers de volontaires se mobilisent pour réclamer l’indépendance du Parlement irlandais.

L’indépendance des Treize colonies n’ébranle que légèrement le système politique britannique. C’est la Révolution française et la montée des idées abolitionnistes qui ont réellement un effet sur la couronne anglaise par la suite.

Pour en savoir plus

Rémy Duthille est professeur de civilisation britannique à l’Université Bordeaux Montaigne.Il est l’auteur de Le discours radical en Grande-Bretagne, 1768-1789, Voltaire Foundation, 2017.

Florence Petroff est maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université de La Rochelle.Elle est l’autrice de La Révolution américaine et l’Écosse : regards croisés et identités hybrides (1765-1783), Honoré Champion, 2026.Elle dirige le comité de l’exposition “Les Français et la création des États-Unis” au Musée du Nouveau Monde à La Rochelle, du 19 juin au 16 novembre 2026.

Références sonores de l’émission à venir

Générique : « Gendèr » par Makoto San, 2020.


Source:

www.radiofrance.fr

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