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Les philosophies moyen-orientales : Qu'est-ce que la "philosophie arabe classique" ?

Qu’appelle-t-on la philosophie arabe classique ? Ce n’est pas une mince affaire que de définir la philosophie arabe classique, même si cette appellation existe, indéniablement, pour les chercheurs. Le souci d’une approche rationnelle des vérités de la foi islamique est net parmi les clercs ou théologiens de la fin du 8e siècle qu’on appelle les mutazilites. Leur démarche, qui favorisera la naissance de la « philosophie » arabe, falsafa, se situe donc plus d’un siècle après la mort du prophète Mohammed en 632.

Cela se passe en langue arabe, pour l’essentiel. Mais cette impulsion rationaliste concerne surtout des régions conquises par les Arabes, bien plus loin que l’actuelle Arabie saoudite. C’est à Bagdad, en particulier, capitale de l’actuelle Irak, que l’on situe le foyer de la philosophie islamique en langue arabe du 8e siècle, sous le califat d’Al Mansur de la dynastie des Abassides. Au siècle suivant, l’un des représentants de cette théologie rationnelle qu’on appelle le kalam, très favorable à la lecture et à la traduction en arabe des philosophes grecs anciens, s’appelle Al-Kindi : ce penseur est mort à Bagdad en 873. Puis, peu de temps après lui, le philosophe persan Al Farabi, qui a passé trente ans à Bagdad, est une autre figure majeure.

Après, encore, Bagdad perdra un peu de sa superbe. Si l’on prend par exemple la figure tout à fait géniale d’Avicenne, nous avons affaire à un homme né à la fin du 10e siècle près de Boukhara (dans l’actuel Ouzbékistan) et mort en 1037 à Hamadan, dans l’actuelle Iran. Ecoutez cette archive sonore du mathématicien et historien des sciences algérien Ahmed Djebbar, qui racontait au micro de France Inter en 2005 l’extraordinaire circulation géographique des idées et des savoirs scientifiques dans le monde islamique à l’époque d’Avicenne :


Source:

www.radiofrance.fr

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