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Donald Trump annonce la paix avec l'Iran, mais des experts parlent déjà de défaite américaine

Dimanche 14 juin, le
président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis et l’Iran étaient parvenus
à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. «Félicitations
à tous! Par la présente, j’autorise sans réserve la réouverture du détroit
d’Ormuz et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain.
Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à
flots!», a-t-il écrit dans un message
publié sur son réseau Truth Social. Il s’est ensuite rendu sur la pelouse de la
Maison-Blanche pour superviser une soirée d’arts martiaux mixtes organisée à
l’occasion de son 80e anniversaire.

Le protocole de cessation des hostilités devrait être signé vendredi 19 juin à Genève, en Suisse. Ses modalités exactes doivent encore être précisées. Une phase de négociation de soixante jours est ensuite prévue, au cours de laquelle plusieurs sujets hautement sensibles –comme le programme nucléaire iranien ou la
levée des sanctions américaines– seront discutés.

Si Washington revendique une victoire, certains spécialistes
sont bien moins optimistes. Dans une chronique publiée dans le média américain The
Atlantic, le journaliste Tom Nichols n’y va pas par quatre chemins: «Les
États-Unis n’ont guère de raisons de se réjouir. Trump et son
équipe viennent, en un temps record, de perdre une guerre contre un adversaire
militairement médiocre, mais néanmoins extrêmement dangereux», écrit-il.

L’Iran a certes subi des dommages importants à la suite des
frappes israélo-américaines, mais le régime reste intact et toujours aux
mains des Gardiens de la révolution. La menace d’attaques iraniennes continue
de planer sur le détroit d’Ormuz et Téhéran conserve sa capacité à
soutenir le terrorisme. «En d’autres termes, les Iraniens ont atteint leurs
principaux objectifs stratégiques, la survie du régime avant tout, tandis que
les Américains n’ont atteint aucun des leurs», poursuit le journaliste.

L’épineuse question de l’arsenal nucléaire 

Concernant le programme nucléaire iranien, rappelons que Téhéran
s’était déjà engagé, par le biais du Plan d’action global commun (JCPoA) en 2015,
à ne pas se doter d’armes nucléaires. Cet accord a ensuite été annulé
unilatéralement par Donald Trump, lors de son premier mandat. Lorsque les États-Unis
et Israël ont mené leurs premières frappes le 28 février, rien ne prouvait que l’Iran était proche de
détenir une bombe. «La tentative de prétendre que cette guerre a mis fin aux
ambitions nucléaires de l’Iran n’est qu’une manœuvre visant à détourner
l’attention de l’échec de l’administration à provoquer un changement de régime»,
assène Tom Nichols.

Le locataire de la Maison-Blanche affirme depuis des
semaines vouloir se débarrasser de la «poussière nucléaire» –c’est-à-dire l’uranium
enfoui sous les décombres causés par les bombardements américains. Le
secrétaire à la Défense Pete Hegseth a
affirmé dimanche 14 juin que Washington disposait de plusieurs plans pour retirer ce
matériau. Les Iraniens, de leur côté, s’affairent à poser
des pièges autour de l’uranium pour s’assurer qu’il reste où il est. À ce
stade, rien n’indique que le dossier nucléaire iranien soit sur le point d’être
réglé.

Selon plusieurs informations divulguées à la presse,
principalement par des sources iraniennes, le régime des Gardiens de la
révolution devrait recevoir 12 milliards de dollars (environ 10,3 milliards d’euros)
de Washington immédiatement et 12 milliards supplémentaires dans soixante
jours. Certains évoquent même une enveloppe totale pouvant atteindre 300
milliards de dollars (258 milliards d’euros) pour la reconstruction du pays.

«La
guerre laisse l’Iran meurtri, mais plus puissant et disposant de plus de
liquidités, tandis qu’elle affaiblit les États-Unis: les importants stocks
d’armes sont épuisés, alors que les consommateurs paient le prix de la
guerre à la pompe», rapporte Tom Nichols. Après la conclusion de cet accord en demi-teinte, Donald Trump, lui, attendait sur la pelouse de la
Maison-Blanche que la pluie cesse. Objectif: lancer les festivités et profiter
de son spectacle de MMA.


Source:

www.slate.fr

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