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Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

On y circule dans une littérature, mais aussi dans une géographie mentale : Londres, Chelsea, Sissinghurst, l’île de Wight, Portsmouth, Salisbury, Lyme Regis, la Cornouailles, Glastonbury, Bath, le Yorkshire, Haworth, Cambridge, Norwich, le Suffolk. 

Christine Jordis occupe une place à part dans la vie littéraire française. Angliciste, éditrice, critique, ancienne responsable du domaine anglais chez Gallimard, elle a longtemps travaillé à faire circuler les œuvres d’une rive à l’autre de la Manche. 

Dans Gens de la Tamise et d’autres rivages, elle embrasse large : le modernisme, les années trente, l’après-guerre, les décennies d’inquiétude et de renouvellement, puis les littératures d’Irlande, d’Afrique du Sud, d’Australie, du Canada, de Nouvelle-Zélande, des Caraïbes, d’Inde, du Nigeria ou du Pakistan. De l’Angleterre coloniale, restent une langue, des fractures sociales, des migrations, des déplacements de centres et de marges.

Joyce, Woolf, Conrad, Wells, Bennett, Galsworthy, Tolkien, Doris Lessing, Ian McEwan, Zadie Smith, Arundhati Roy, Sally Rooney… Déjà pas mal, des noms reconnaissables, mais aussi le fascinant John Cowper Powys, dont l’œuvre immense, tellurique, transcende le roman anglais. Même chose avec Malcolm Lowry, et ses espaces d’instabilité, de crise et de prouesse mythologique. 

Autour des grands axes historiques apparaissent des silhouettes essentielles : Ivy Compton-Burnett, Henry Green, Elizabeth Bowen, Jean Rhys, R. K. Narayan, Janet Frame, Wilson Harris, Ben Okri, Nadine Gordimer, J. M. Coetzee, Anita Desai, Amitav Ghosh, Hanif Kureishi, Rohinton Mistry, Anne Enright, Colm Tóibín, Claire Keegan… 

Puis, il y a les landes, les jardins, les bibliothèques, les maisons d’écrivains, les villes de pierre et les campagnes humides, il y a aussi une culture si particulière, ses intérieurs, ses excentricités, ses silences familiaux, ses vies contraintes, ses échappées possibles.

À LIRE – Le fil d’or

 On marche davantage. On quitte la chronologie littéraire pour suivre des routes, des villes, des maisons, des traces. La promenade devient une méthode critique. Une lumière, une distance, une façon de disposer les êtres dans un paysage.

À force d’érudition – plus de 1000 pages -, affleure la conscience.

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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